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Un chêne
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Vois ce petit brin, pas plus haut qu’un pouce
Coiffé d’une feuille ourlée de velours
Prêt à s’élancer, ancré dans la mousse
Jusqu’à la clarté céleste du jour

À l’abri des dents hardies du chevreuil
Sous le parapluie d’un ample roncier
Le jeune arbrisseau lentement recueille
L’eau roborative et bleue d’un glacier

Passent les saisons, qui de leur manège
Gouvernent sans fin la terre et les eaux
L’arbre s’est gorgé d’humus et de neige
Et son feuillage offre un nid aux oiseaux

Autour de ses fleurs l’abeille bourdonne
L’oiseau versifie en de gais refrains
Sous sa rude écorce un peuple foisonne
C’est un univers que le chêne étreint

Sa feuille a roussi au gel de l’automne
La faune a laissé la place aux choucas
Racines nouées, l’arbre se cramponne
Face au vent hurleur empli de fracas

Au cours d’un long siècle à quoi rêve l’arbre
Quand le même rythme orchestre le temps
Quand son bois l’hiver est comme du marbre
Que le temps lui dure avant le printemps !

Il a cinq cents ans et autant de plaies
Un lierre l’étaie d’une épaisse housse
Et juste à son pied coiffé d’un toupet
Croît un petit brin pas plus haut qu’un pouce

© Poème posté le 22/03/2024 par Cardaline

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