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Vivre avec les morts
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Si l’oiseau en mourant ne laisse que des plumes
En nous quittant les morts ont toujours une offrande 
Un versant de leur vie, œuvre modeste ou grande
Tissée au fil du temps de joies et d’amertume

De mes aïeux marins inhumés sous l’écume
Il en est dont la vie a rejoint la légende
Et chez mes ancêtres qui dorment sous la lande
Certains ont mérité quelques honneurs posthumes

J’ai plus de compagnons ensevelis sous terre
Que d’amis respirant par dessus leurs tombeaux
Ils ont été pour moi le premier des flambeaux

Au milieu des vivants restant une étrangère
J’ai trouvé près des morts une certaine grâce
J’y choisi mes amours, mes mentors, mon parnasse

*

L’amant qu’il soit mythique ou mort depuis mille ans
Est un époux divin ; sa tendresse infinie
S’ajoute à la grandeur d’un éclatant génie
Son patronyme illustre exalte mon talent

Penchée sur les débris de mon maigre bilan
J’en appelle aux héros peuplant mes insomnies
Qui me montrent la voie, tout écueil aplani
Leur valeur fuse en moi, leur force m’est élan

La mort toujours rôdant me devient familière
Associée à la vie elle apprête en douceur
L’entrée tant redoutée du monde sans douleur

Ainsi je me prépare à l’ultime croisière
Qui mène au grand néant hanté de tant de gloire
Et de tant d’infamie s’abîmant dans l’Histoire

© Poème posté le 26/11/2021 par Cardaline

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