Détachement
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Ecrire,
Bien sûr !
L’azur ?
Sourire
Et penser
Sur la page,
L’encodage.
S’amuser
Au dépliage
De l’émotion,
Quelle obsession !
Enfantillage :
Ô coffre à jouets,
-Ma malle à malices,
Où lemmes complices
Glissent aux rouets
Qu’un pied de muse guide-
Ne cesse de grandir,
Du zénith au nadir
Quand seul, la nuit, lucide,
Je sens l’odeur de la mort,
Et l’oubli qui se profile,
Accoutumance servile
Au néant, mon réconfort :
Sur l’immense plage, vacance,
En calligramme, en mandala,
J’écris en vers le Shambhala
Puis l’aurore parfait la ganse :
Est-ce un matin bleu-gris ? Peu importe ;
Un jour sans autre bruit que le chant
Violent du cyclone arrachant
L’illusion de l’écrit qui m’emporte ?
C’est un jour neuf et le souffle d’hier
A ridé l’eau ; sur la surface à peine
Décèle-t-on l’imperceptible haleine
Des mots de nuit tissés sur le cahier :
L’encre séchée a tracé la rime morne
-Pas une image, aucune idée au lointain
Au mieux, peut-être, un gribouillage enfantin-
Un espoir en déliquescence où se borne
Le plaisir qui me prend, quand sombre le couchant,
D’exciter le hasard, de replonger la mine
Dans les sons extirpés –sur fond de dopamine-
Au gré des aléas dont l’esprit est le champ.
