Chant marin
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Cœur écorné mille écorchures
et quelques failles
cœur éculé mille blessures
le temps t’écaille
Ecope ! Ecope ! Ta voilure
-rêves en loques-
traîne ses haillons ses pelures
léchant ta coque
Quand la mer et la mort se jurent
en les brisant
d’écarteler les cœurs trop purs
cœurs vacillants
Entonne montant aux mâtures
hardi refrain
ivre de vents et de saumure
ce chant marin
Eclaboussé par les embruns
cœur éclopé
sur la joue pâle du chagrin
claque un « ô gué » !
