Le facteur de Marie
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J’aimerais composer, fidèle à ton visage,
Un sonnet qui serait le plus riche et plus beau ;
Ton sourire et tes yeux traverseraient les âges,
Et qui dirait ton nom poserait son fardeau.
Tu serais reconnue, je serais oublié :
Qu’importe le facteur tant que l’oeuvre demeure.
Je veux bien exister, comme une ombre liée
A l’aiguille solaire, autant que tourne l’heure.
A te bien présenter serait réduit mon rôle,
Tant il est vrai que l’art précède moindre geste,
Que la lime posée doit s’effacer le drôle.
Et s’il est une chose qu’ici de moi reste,
Je voudrais que ce soit, la danse de ta marche,
Et ce fleuve d’espoir qui coule sous ton arche.
Un sonnet qui serait le plus riche et plus beau ;
Ton sourire et tes yeux traverseraient les âges,
Et qui dirait ton nom poserait son fardeau.
Tu serais reconnue, je serais oublié :
Qu’importe le facteur tant que l’oeuvre demeure.
Je veux bien exister, comme une ombre liée
A l’aiguille solaire, autant que tourne l’heure.
A te bien présenter serait réduit mon rôle,
Tant il est vrai que l’art précède moindre geste,
Que la lime posée doit s’effacer le drôle.
Et s’il est une chose qu’ici de moi reste,
Je voudrais que ce soit, la danse de ta marche,
Et ce fleuve d’espoir qui coule sous ton arche.
