La mère au manteau d'enfants
1
Elle écorcha lentement son enfant,
Écharna et lava sa peau,
Y perça des trous,
Y glissa des ficelles,
Et contempla la peau étirée sur le séchoir.
Sur le corps sanguinolent,
Jeté dans le fossé,
Commençaient à se poser des mouches.
C'était le dernier,
Les autres avaient été cousus,
Garnis de boutons, de poches,
Et d'une doublure en soie de lotus.
Bientôt, le manteau couleur chair serait prêt.
Elle avait mis les têtes dans des bocaux,
À macérer dans du vinaigre;
Leurs yeux la regardaient,
Leurs bouches, collées au verre,
Grandes ouvertes,
Demeuraient muettes.
La mère pourra affronter l'hiver,
Mais son cœur iceberg,
À jamais,
Resterait glacé.
Elle ne savait pas
Que le froid était à l'intérieur;
Son amour, coincé dans son ventre,
L'avait rendue énorme;
Elle se traînait,
Pachyderme boitant sur la route.
Des années plus tard,
On trouva son cadavre à quelques kilomètres
Du cimetière des éléphants.
Écharna et lava sa peau,
Y perça des trous,
Y glissa des ficelles,
Et contempla la peau étirée sur le séchoir.
Sur le corps sanguinolent,
Jeté dans le fossé,
Commençaient à se poser des mouches.
C'était le dernier,
Les autres avaient été cousus,
Garnis de boutons, de poches,
Et d'une doublure en soie de lotus.
Bientôt, le manteau couleur chair serait prêt.
Elle avait mis les têtes dans des bocaux,
À macérer dans du vinaigre;
Leurs yeux la regardaient,
Leurs bouches, collées au verre,
Grandes ouvertes,
Demeuraient muettes.
La mère pourra affronter l'hiver,
Mais son cœur iceberg,
À jamais,
Resterait glacé.
Elle ne savait pas
Que le froid était à l'intérieur;
Son amour, coincé dans son ventre,
L'avait rendue énorme;
Elle se traînait,
Pachyderme boitant sur la route.
Des années plus tard,
On trouva son cadavre à quelques kilomètres
Du cimetière des éléphants.
