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Leçon de ténèbres
8

Dans le brouillard épais qui pèse au fond des jours
Et parmi l'ombre éteinte où plonge le silence,
Le chemin s'est perdu, diluant ses contours
Entre les doigts fanés d'une impalpable errance.

Les mots sont épuisés à force de chercher
A saisir la pensée qui déjà se dérobe :
Ils se sont échoués, comme sur le rocher
La vague nue se jette et déchire sa robe.

Lors, quel geste saura toucher les horizons
Sans mentir aux lointains où repose l'aurore ?
Et quel frôlement d'aile, échappé des saisons,
Gardera dans son pli ce qu'on ignore encore ?

Quand le regard se clôt, quand se lassent les yeux,
Lorsque semble mourir la dernière étincelle
Où murmurait jadis un pur frisson des cieux,
Qui pourrait embrasser ce que la nuit recèle ?

Par-delà le chaos dont les feux triomphants
Préparent la fureur des ténèbres ultimes,
Une lueur se tient sous les voiles du temps,
Une lueur ténue qui franchit les abîmes.





Le titre de ce poème est emprunté aux pièces musicales accompagnant les Offices des Ténèbres, célébrés le soir du Vendredi Saint, après celui de la Commémoration de la Passion du Christ. Ces offices particuliers sont centrés sur la désolation de la Vierge Marie et des Apôtres devant le tombeau scellé.



© Poème posté le 26/03/2021 par Ombrefeuille

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