La poésie sur internet
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Par : Clementcheylan
Présentation :
Doit-on jeter la bête au profit de l’ange, telle est la question, mais peut-être que l’ange n’est accessible que si l’on garde pour la bête tout le respect qu’on se doit de lui accorder.
Texte :
Cette phrase ne nous est pas inconnue, n’est-ce pas, nous l’avons entendue moult fois. Nous en ressentons le sens, sans pour autant pouvoir réellement l’expliquer.
Elle provient de Blaise Pascal. Je ne rapporterai pas ici ce que dit ce philosophe, libre à vous de l’y trouver dans les Pensées. Je vous livre mon interprétation.
Cette phrase, cette affirmation, met en jeu trois figures qui sont l’animal, l’homme et l’ange.
Définissons un peu, qu’est-ce qu’un animal ? Un animal, c’est un animal qui ne sait pas qu’il est un animal, et c’est pour cela qu’il est un animal.
Maintenant, qu’est-ce qu’un homme ? Un homme, c’est un animal qui sait qu’il est un animal, et c’est parce qu’il le sait, qu’il ne l’est plus.
Vient maintenant le moment de définir l’ange. Je vous laisse le faire vous-même. Mais disons tout de même que cette figure représente l’idéal.
Alors, on peut se demander pourquoi cela serait faire la bête que de vouloir faire l’ange, que d’aller vers l’idéal ? Parce que les racines nous sont essentielles et que l’on ne peut aller sereinement que tant que l’on sait d’où l’on vient.
De même que l’enfant qui naît devient humain, l’espèce humaine a quitté l’animalité pour entrer dans l’humanité. Pour homo sapiens, il y a quelques soixante-dix mille ans, s’est produit une révolution cognitive. Il s’est mis à penser ce qui n’existe pas. Faisant un raccourci sévère, je pourrais dire qu’il a quitté l’instinct au profit de l’intelligence. Ce qui lui donne la possibilité de se parfaire. Être pleinement humain, c’est savoir d’où l’on vient, tenter de s’élever, aller plus haut dans le respect du vivant. Sans mépris, sans raisonner en termes de supériorité, d’infériorité, mais de différences.
Si je ne renie pas l’animal qui est en moi, puis-je donc faire l’ange ? Non, puisque je suis un humain. Cependant, je suis en possibilité, étant irréductiblement fier de mes origines, de me parfaire, prenant l’ange comme un exemple symbolique. Car il représente les valeurs dignes et morales, en quelque sorte un idéal de bonté.
Mais cela n’est plausible, que si l’on fait la paix avec ce que nous avons été , avec ce que nous sommes, et ce que nous pensons pouvoir être.
Il me semble qu’aller vers l’ange est un bon chemin, et nous pouvons nous en approcher.
Mais cela ne me semble possible que si nous acceptons d’être aidés par cette partie animale qui nous reste, par l’humain que nous sommes devenus, et aussi par cette volonté perfectible de l’être, qui nous élève humblement et sans mépris vers l’idéal.
Voilà.
Posté à 16h21 le 29 janv. 21
Bonsoir Clémentcheylan
Très belle démonstration! Le sujet est très intéressant. Les choses sont souvent complexes. J'aime beaucoup les mots suivants: 3 aller plus haut dans le respect du vivant". Malheureusement, le respect du vivant est souvent compromis. L'actualité en témoigne. Quant aux trois figures, cela signifie t-il que l'élévation suppose d'être en harmonie avec nos composantes sans en renier aucune? Il est impossible de renier ce que nous sommes, ne ce fût-ce qu'une partie infime.
Au plaisir de vous lire.
Posté à 17h59 le 30 janv. 21
Loren,
je découvre toujours avec plaisir tes remarques, c'est bien agréable d'être lu!
Tu as bien raison de parler de l'harmonie, l'harmonie c'est la multiplicité élevée à l'unicité. Mais ce n'est pas une unicité qui aplanit mais qui, au contraire, laisse transparaître tous les reliefs et nuances qu'elle rassemble. Ainsi donc, la multiplicité, c'est l'animal, l'homme et l'ange qui, par la réflexion dans une unicité harmonieuse permet à l'homme de s'élever.
A bientôt!
Posté à 17h15 le 31 janv. 21
Un sujet passionnant et agréablement bien traité!!
Je suis admirative!!
Je pense aussi que l'ange, de par son essence, n'a pas le choix entre bien et mal, moralité et immoralité: sans libre-arbitre, il suit le bien par nature, et c'est là sa grande différence avec l'homme.
Or, l'homme est alors devant un défi qui lui indique de se hisser encore plus haut que l'ange. En effet, l'homme a le choix du bien et du mal, et devrait faire le bien... Et pour cela, il s'agirai d'une hypocrisie et même donc d'une forme de reniement de soi et donc de bestialité que de refuser de voir al bête en nous...
Il est donc nécessaire de l'accepter, comme tu l'as si bien dit, et de faire avec elle pour aspirer au meilleur!!
Posté à 11h04 le 02 févr. 21
Claire,
une réponse en 6 points.
1èrement, tes mots sont très aimables
2èmement, tu as tout compris!
3èmement, c'est très intelligent!
4èmement, c'est très bien écrit!
5èmement, tu as l'outrecuidance d'aller plus loin que moi!!
6èmement, supermégabravo !
Je ne suis pas moins admiratif de toi!
A bientôt!
Posté à 15h45 le 03 févr. 21
dites donc merci de cette réponse!! J'aime la réflexion à plusieurs, et je ne manquerai plus désormais tes publications!!!
Posté à 10h14 le 04 févr. 21
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