La poésie sur internet
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Par : Laugierandre
J'aime beaucoup les illustrations, merci André !
Ma modeste participation :
La bûche de Noël
Dans le matin brumeux
Il part avec sa hache
A la recherche de
Sa bûche pour le feu
La forêt est profonde
Et le vent comme une onde
Caresse le visage
Du bûcheron si sage
Il va choisir le bois
Le meilleur, choix du roi
Dans cheminée flambant
Crépitera, craquant
Et au soir de Noël
Il chauffera le coeur
Des invités fidèles
Pour leur plus grand bonheur
Mâcha
Belles Fêtes à toutes et à tous !
Ce message a été édité - le 11-12-2020 à 21:38 par Machajol
Posté à 21h37 le 11 déc. 20
Bonjour MACHAJOL,
Il n'y a pas de modeste participation, mais une estimable contribution quand les membres d'un forum s'investissent généreusement dans un topic collectif.
C'est ainsi que dans "Noël ensemble" (toutes catégories confondues : poésie classique et poésie libérée), nous œuvrons en associant nos plumes, dans cet esprit bienveillant. C'est bien la démonstration qu'il existe une "famille"poétique qui sait se solidariser et renforcer les liens fraternels qui nous unissent autour de la "magie" des mots et des grands rendez-vous culturels ou religieux.
UN GRAND MERCI pour ta contribution, MAJACHLO.
Je te souhaite de passer un excellent week-end.
Bien chaleureuse Amitié de plume.
ANDRÉ
Posté à 11h06 le 12 déc. 20
Bonjour LUCIENNE,
Comme je l'exprimais à MAJACHOL dans mon commentaire, je te remercie également pour ta bienveillante participation. On ne s'inscrit pas sur un forum pour en retirer un quelconque avantage, mais pour y apporter le fruit de ce que nous désirons faire partager, dans l'enthousiasme de nos plumes et dans la chaleur de nos émotions.
Répandre le bonheur autour de nous, c'est participer à développer ensemble à une relation privilégiée.
MERCI pour tes fidèles interventions, LUCIENNE.
Passe un bien agréable week-end.
BISOUS marseillais.
ANDRÉ
Posté à 11h17 le 12 déc. 20


Georges RODENBACH
L'HIVER
Ô neige, toi la douce endormeuse des bruits
Si douce, toi la sœur pensive du silence,
Ô toi l'immaculée en manteau d'indolence
Qui gardes ta pâleur même à travers les nuits,
Douce ! Tu les éteins et tu les atténues
Les tumultes épars, les contours, les rumeurs ;
Ô neige vacillante, on dirait que tu meurs
Loin, tout au loin, dans le vague des avenues !
Et tu meurs d'une mort comme nous l'invoquons,
Une mort blanche et lente et pieuse et sereine,
Une mort pardonnée et dont le calme égrène
Un chapelet de ouate, un rosaire en flocons.
Et c'est la fin : le ciel sous de funèbres toiles
Est trépassé ; voici qu'il croule en flocons lents,
Le ciel croule ; mon cœur se remplit d'astres blancs
Et mon cœur est un grand cimetière d'étoiles !
_________________
Madeleine MORIZE
CHANSON D'HIVER
Les flocons, loin du ciel sévère,
S'en sont allés, tout en dansant,
Bien pressés d'atteindre la terre
Qui les attirait doucement.
Menant une ronde joyeuse,
Ils semblent un duvet léger
Échappé d'une aile soyeuse
Et que le vent fait voltiger.
Petits et clairs, dans la tourmente,
Ils ont l'allure de lutins
Qui se frôlent dans la descente
Aussi caressants que mutins.
Mais la glace emprisonne et gèle
Les jolis flocons blancs si fous.
La mort étend sur tout son aile.
Cœurs qui souffrez, endormez-vous !
Et maintenant, dans le mystère,
Sous l'épaisseur du manteau blanc,
C'est le grand travail de la terre !
Elle prépare dans son flanc
Toutes les richesses futures :
Les fleurs si douces du printemps,
De l'été, les vertes ramures,
De l'automne, les tons ardents.
Et pourtant, elle semble morte ;
Les charmes sont ensevelis ;
Chaque neige que le vent porte
Du linceul alourdit les plis.
Cette blancheur s'immobilise
Sous le ciel gris, en contours flous
Et toute forme est imprécise.
Oh ! Cœurs qui dormez, rêvez-vous ?
Mais voici que dans la nature
Viennent à passer des frissons.
Peu à peu s'en vont la froidure,
La neige pâle et les glaçons.
Écartant son voile superbe,
La terre apparaît et sourit ;
Des rubans d'eau courent dans l'herbe
Qui, sous leurs baisers, reverdit.
Et, là-bas, voilà que s'éveille
La voix profonde des forêts
Et que s'ouvre, pure merveille,
La clochette des blancs muguets.
La vie, en tout, fleurit et chante
Et l'air est infiniment doux.
Il se lève une aube charmante.
Cœurs qu'on croit morts, réveillez-vous !
__________________


Ce message a été édité - le 12-12-2020 à 12:17 par Laugierandre
Posté à 12h14 le 12 déc. 20


Alfred de MUSSET
LE PREMIER FRISSON DE L’HIVER
Que j'aime le premier frisson d'hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s'éveille le foyer ;
C'est le temps de la ville. - Oh ! lorsque l'an dernier,
J'y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
(J'entends encore au vent les postillons crier),
Que j'aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J'allais revoir l'hiver. Et toi, ma vie, et toi !
Oh ! dans tes longs regards j'allais tremper mon âme
Je saluais tes murs. Car, qui m'eût dit, madame,
Que votre cœur sitôt avait changé pour moi ?
___________________
Alexandre POUCHKINE
SOIR D’HIVER
Ciel de brume ; la tempête
Tourbillonne en flocons blancs,
Vient hurler comme une bête,
Ou gémit comme un enfant,
Et soufflant soudain pénètre
Dans le vieux chaume avec bruit,
Elle frappe à la fenêtre,
Voyageur pris par la nuit.
La chaumière est triste et sombre,
Chère vieille, qu'as-tu donc
A rester dans la pénombre,
Sans plus dire ta chanson ?
C'est la bise qui résonne
Et, hurlant, t'abasourdit ?
Ou la ronde monotone
Du fuseau qui t'assoupit ?
Mais buvons, compagne chère
D'une enfance de malheur !
Noyons tout chagrin ! qu'un verre
Mette de la joie au cœur !
Chante comme l'hirondelle,
Doucement vivait au loin ;
Chante-moi comme la belle
Puisait l'eau chaque matin.
Ciel de brume ; la tempête
Tourbillonne en flocons blancs,
Vient hurler comme une bête
Ou gémit comme un enfant.
Mais buvons, compagne chère
D'une enfance de malheur !
Noyons tout chagrin ! qu'un verre
Mette de la joie au cœur !
__________________
Alphonse DAUDET
LA VIERGE A LA CRECHE
Dans ses langes blancs, fraîchement cousus,
La Vierge berçait son Enfant-Jésus.
Lui, gazouillait comme un nid de mésanges.
Elle le berçait, et chantait tout bas
Ce que nous chantons à nos petits anges.
Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.
Etonné, ravi de ce qu'il entend,
Il rit dans sa crèche, et s'en va chantant
Comme un saint lévite et comme un choriste;
Il bat la mesure avec ses deux bras,
et la Sainte Vierge est triste, bien triste,
De voir son Jésus qui ne s'endort pas.
« Doux Jésus, lui dit la mère en tremblant,
Dormez, mon agneau, mon bel agneau blanc.
Dormez; il est tard, la lampe est éteinte.
Votre front est rouge et vos membres las;
Dormez, mon amour, et dormez sans crainte. »
Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.
« Il fait froid, le vent souffle, point de feu.
Dormez, c'est la nuit, la nuit du bon Dieu.
C'est la nuit d'amour des chastes épouses;
Vite, ami, cachons ces yeux sous nos draps,
Les étoiles d'or en seraient jalouses. »
Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.
« Si quelques instants vous vous endormiez,
Les songes viendraient, en vol de ramiers,
Et feraient leurs nids sur vos deux paupières,
Ils viendront; dormez, doux Jésus. » - Hélas !
Inutiles chants et vaines prières
Le petit Jésus ne s'endormait pas.
Et Marie alors, le regard voilé,
Pencha sur son fils un front désolé,
« Vous ne dormez pas, votre mère pleure,
Votre mère pleure, ô mon bel ami. »
Des larmes coulaient de ses yeux; sur l'heure,
Le petit Jésus s'était endormi.
_______________________


Posté à 19h01 le 13 déc. 20


Eulalie BOISSONNAULT
NOËL
Noël ! Un chant s’élève éclatant dans la nuit,
Il épand ses flots d’or, vibre, s’épanouit :
Pastorale sacrée !
Les anges l’ont transmis aux bergers anxieux
Et l’univers redit la chorale des cieux :
C’est l’hymne consacrée !
Noël ! La neige met dans les arbres glacés
Un luxe de blancheur, treillis foliacés,
Imitant la guipure ;
Sur l’asphalte, elle étend ses beaux papillons blancs
Et sur les toits hier, obscurs ou rutilants,
Sa gaze la plus pure.
Noël ! La cloche prend son vol joyeux dans l’air,
La lune vaporeuse a des teintes d’éclair,
Un air de chrysanthème ;
Et mille étoiles d’or fleurdelisent le ciel
Humanité, Dieu t’aime !
Noël ! vieux mot d’espoir, d’allégresse et de paix,
Mot qui met en éveil des ferveurs de respects,
Mot qui sonne et convie
À la crèche sacrée où le petit Jésus
Nous apporte des biens que nous n’aurions pas eus
Sans sa terrestre vie.
_________________
MILLICENT
PRIÈRE DE NOEL
Petits Jésus des crèches,
En nos églises fraîches
Vous allez revenir, avec vos cheveux blonds,
Votre sourire ému, vos yeux pleins de tendresse,
Vos doigts roses chargés d’incomparables dons
Qu’implore avec ferveur la foule qui s’empresse.
L’enfance vous attend
Et depuis bien longtemps
Rêve de la minuit et de Noël en fête,
Qui promet le sapin aux rameaux merveilleux
Où pendent les joujoux accrochés jusqu’au faîte
Et des lampions d’or qui jettent mille feux.
Pour moi qui n’ai plus l’âge
De ces enfantillages,
Je vous attends, Jésus, avec d’autres désirs
Et je veux vous prier avec une âme ardente
Pour que vous bénissiez mes rêves d’avenir
Et que croisse en mon cœur la grâce fécondante.
Donnez-moi ce cœur fort
Qui ne craint pas l’effort
Et qui pour votre gloire a toutes les audaces.
Donnez-moi de mourir à moi-même, Seigneur,
Au monde sans vertus, aux vanités qui passent,
À tout ce qui rend lâche et dégrade le cœur.
Petits Jésus des crèches,
En nos églises fraîches
Vous verrez défiler le cortège navrant
De tous les maux humains. Écoutez la prière
Que chacun vous adresse en son cœur défaillant
Jésus, donnez à tous Force, Paix et Lumière.
_________________


Posté à 10h47 le 14 déc. 20
-ILS- sont venus, ils sont tous là
Les poètes des temps anciens ...
Les images ne sont pas dans le coma
Mais elles m'émeuvent Ô combien !
Me dandinant comme balancelle
Je vous récitais en m'appliquant
Comme envolées d'hirondelles
Je m'imaginais déjà au printemps,
[/g] Ce triste jour me rappelle ...
77 ans auparavant .....
Que de sombres et cruels
Fascistes en ce temps
M'ont pris la part de vie la plus belle
mon papa, ce valeureux résistant ![g]
[g] Rassure toi , valeureux rebelle
Tu as connu de beaux enfants,
Quatre, non pas une ribambelle
Qui ont cru au prince charmant !
Ce message a été édité - le 14-12-2020 à 11:07 par Arcane
Posté à 11h05 le 14 déc. 20
Je vois que certains de ces poèmes font remonter en toi des souvenirs nostalgiques.
Très touchant ce quatrain à la mémoire de ton papa :
Rassure toi , valeureux rebelle
Tu as connu de beaux enfants,
Quatre, non pas une ribambelle
Qui ont cru au prince charmant !
MERCI de fréquenter régulièrement ce salon.
Passe une douce soirée.
BISOUS de Marseille.
ANDRÉ
Posté à 17h34 le 14 déc. 20


Paul VERLAINE
NOËL
Petit Jésus qu’il nous faut être,
Si nous voulons voir Dieu le Père,
Accordez-nous d’alors renaître
En purs bébés, nus, sans repaire
Qu’une étable, et sans compagnie
Qu’un âne et qu’un boeuf, humble paire ;
D’avoir l’ignorance infinie
Et l’immense toute-faiblesse
Par quoi l’humble enfance est bénie ;
De n’agir sans qu’un rien ne blesse
Notre chair pourtant innocente
Encor même d’une caresse,
Sans que notre oeil chétif ne sente
Douloureusement l’éclat même
De l’aube à peine pâlissante,
Du soir venant, lueur suprême,
Sans éprouver aucune envie
Que d’un long sommeil tiède et blême...
En purs bébés que l’âpre vie
Destine – pour quel but sévère
Ou bienheureux ? – foule asservie
Ou troupe libre, à quel calvaire ?
__________________
Louis FRECHETTE
NOËL
Le lourd battant de fer bondit dans l’air sonore,
Et le bronze en rumeur ébranle ses essieux...
Volez, cloches, grondez, clamez, tonnez encore,
Chantez paix sur la terre et gloire dans les cieux !
Sous les dômes ronflants des vastes basiliques,
L’orgue répand le flot de ses accords puissants ;
Montez vers l’Éternel, beaux hymnes symboliques,
Montez avec l’amour, la prière et l’encens !
Enfants, le doux Jésus vous sourit dans ses langes ;
À vos accents joyeux laissez prendre l’essor ;
Lancez vos clairs noëls : là-haut les petits anges
Pour vous accompagner penchent leurs harpes d’or.
Blonds chérubins chantant à la lueur des cierges,
Cloche, orgue, bruits sacrés que le ciel même entend,
Sainte musique, au moins, gardez chastes et vierges,
Pour ceux qui ne croient plus, les légendes d’antan.
Et quand de l’an nouveau l’heure sera sonnée,
Sombre airain, coeurs naïfs, claviers harmonieux,
Pour offrir au Très-Haut l’aurore de l’année,
Orgues, cloches, enfants, chantez à qui mieux mieux !
__________________


Posté à 12h47 le 15 déc. 20
C'est beau, c'est touchant, un livre de poémes et d'images de Noel qui ne laisse pas indifférent . Encore un grand merci pour ce généreux partage. Un beau cadeau aux poètes du site.
Posté à 18h00 le 15 déc. 20
Un GRAND ET BIEN AIMABLE MERCI, OTTOMAR, pour ces mots de bienveillance, de convivialité et d'Amitié.
Je les reçois avec un immense plaisir. La joie et l'agrément sont les seules choses qui se doublent si on les partage.
Mon plus beau cadeau est de lire une telle appréciation, car vivre en poésie tous ensemble est un cadeau si merveilleux que tout être généreux ne peut avoir qu'une ambition : l'offrir.
Passe une excellente soirée.
Ma bien chaleureuse Amitié.
ANDRÉ

Ce message a été édité - le 15-12-2020 à 19:53 par Laugierandre
Posté à 19h52 le 15 déc. 20


ANONYME
NOËL DES OISEAUX
Pour chanter les louanges
Du petit enfant Dieu,
Tous les oiseaux joyeux
Volent avec les anges
Qui descendent des cieux
Le merle et la mésange
Parlent à qui mieux mieux.
L'aigle en son fier langage
Lui dit "Je suis le roi"
Chacun connaît ma loi
Et je n'ai d'autre cage
Que le ciel, par ma foi !
Mais ce bel apanage
Je ne le dois qu'à toi !
L'hirondelle légère
Dit au divin poupon
"Tout comme le maçon
Je peux aussi te faire
Une jolie maison
Sans doute pas en pierre
Mais de bonne façon".
Puis on entend la caille
Qui parlant du Sauveur
Exprime sa douleur
De le voir sur la paille
Et lui dit "O Seigneur
Il faut que je vous baille
La chaleur de mon cœur.
Bientôt la tourterelle
S'approche tendrement
Et lui fait compliment
Tandis que la sarcelle
Très délicatement
Lui donne une parcelle
De son duvet charmant.
Le canard et la cane
Vont en se dandinant
Aux pieds du doux Enfant
Ainsi que la faisane,
Et l'oie en clopinant
Tandis que se pavane
Le paon mirobolant.
Comme la gent ailée
Dont la voix nous conduit
Allons aussi vers Lui
Dans la nuit étoilée
Sous la lune luit
Jésus de Galilée
Près de toi nous voici !
__________________
Victor WILDER
NOËL
La nuit descend du haut des cieux,
Le givre au toit suspend ses franges.
Et, dans les airs, le vol des anges
Eveille un bruit mystérieux.
L'étoile qui guidait les mages,
S'arrête enfin dans les nuages,
Et fait briller un nimbe d'or
Sur la chaumière où Jésus dort.
Alors, ouvrant ses yeux divins,
L'enfant couché, dans l'humble crèche,
De son berceau de paille fraîche,
Sourit aux nobles pèlerins.
Eux, s'inclinant, lui disent : Sire,
Reçois l'encens, l'or et la myrrhe,
Et laisse-nous, ô doux Jésus,
Baiser le bout de tes pieds nus.
Comme eux, ô peuple, incline-toi,
Imite leur pieux exemple,
Car cette étable, c'est un temple,
Et cet enfant sera ton roi !
__________________



Ce message a été édité - le 16-12-2020 à 18:48 par Laugierandre
Posté à 18h42 le 16 déc. 20


Charles FRÉMINE
NOÊL
Coupez le gui ! Coupez le houx !
Feuillage vert, feuillage roux,
Mariez leurs branches ;
Perles rouges et perles blanches,
Coupez le gui ! Coupez le houx !
C’est la Noël, fleurissez vous !
Chassez les grives et les merles,
Chassez les mésanges au dos bleu
Du gui dont les fleurs sont des perles,
Du houx dont les fleurs sont du feu !
Courez à la forêt prochaine,
Courez à l’enclos des fermiers ;
Coupez le gui sur le grand chêne,
Coupez le gui sur les pommiers.
Coupez le houx le long des haies
Qui bordent le chemin des bois ;
Coupez le houx sous les futaies
Où sont nos vieux temples gaulois ?
… Et coupez-les par tas, par piles !
Liez en gerbes leurs rameaux,
Et qu’on en pavoise les villes,
Qu’on en pavoise les hameaux !
Coupez le gui ! Coupez le houx !
Feuillage vert, feuillage roux,
Mariez leurs branches !
Perles rouges et perles blanches ;
Coupez le gui ! Coupez le houx !
C’est la Noël ! Fleurissez-vous !
__________________
Arthur RIMBAUD
LE MATIN DES ÉTRENNES
Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !
Chacun , pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quel songe étrange où l'on voyait joujoux,
Bonbons habillés d'or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
On s'éveillait matin, on se levait joyeux ,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux ...
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher ...
On entrait ! ...puis alors les souhaits ... en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise !
__________________
Robert BRUGUIÈRE
(Poète aubagnais)
NOS SANTONS
Naïves créatures en marche vers l'étable,
Images colorées des métiers d'autrefois,
Vous êtes, chaque année, cette présence aimable
Qui rajeunit nos cœurs d'une indicible joie.
Naïves créatures en marche vers l'étable
Où l'Enfant Nouveau-Né va recevoir vos dons,
Mon esprit enfantin pur et déraisonnable
Vous a magnifié en récitant vos noms.
Naïves créations, reines de notre argile,
Paisibles et résolues, comme je vous envie !
Vous avez à mes yeux la puissance gracile
De l'esprit de Noël qui pénètre nos vies.
Messagers familiers de notre foi chrétienne,
Symbole simple et fort de ce qui nous unit,
Vous sortez chaque année pour que Noël revienne,
Images ancestrales au sein de notre nid.
Chers petits compagnons, l'année qui se termine
Vous réunit toujours à la place d'honneur
Dans la crèche nouvelle où votre bonne mine
Rasure et embellit l'espace de nos cœurs.
Autour de l'Enfant Dieu, notre grande Espérance,
Vous serez à jamais, dans ce charmant tableau,
Les guides bienheureux de notre esprit d'enfance :
Ceux qui sont les plus sûrs, ceux qui sont les plus beaux,
Et qui sont nés ici en terre de Provence.



Ce message a été édité - le 17-12-2020 à 11:33 par Laugierandre
Posté à 09h05 le 17 déc. 20


Honorat de RACAN
NOËL
Maintenant que l’astre doré
Par qui le monde est éclairé
A cédé la place aux étoiles,
Par un miracle non pareil
La nuit au milieu de ses voiles
A vu naître un nouveau soleil.
Un bienheureux enfantement
Remplit l’enfer d’étonnement,
Réjouit les âmes captives
Et rend le Jourdain glorieux
De voir naître dessus ses rives
Le Roi de la terre et des cieux.
Ce roi des astres adoré
N’est point né dans un lieu paré
Où la pompe étale son lustre :
Un haillon lui sert au besoin
Et n’a pour dais ni pour balustre
Qu’une crèche pleine de foin.
Ces petits bras emmaillotés
Sont ces mêmes bras redoutés
Du ciel, de l’onde et de la terre ;
Ils se sont à notre aide offerts,
Et ne s’arment plus du tonnerre
Que pour foudroyer les enfers.
Voyez que son divin pouvoir
Surpasse tout humain savoir
De quiconque le considère :
Dieu de son corps est créateur.
Une vierge enfante son Père
Et l’œuvre produit son auteur.
__________________
Wilfrid LALONDE
MARIE PRÈS DE LA CRÈCHE
Avec précaution, de peur de la répandre,
Ainsi que dans une urne on garde une liqueur,
Tout ce dont elle souffre et de voir et d’entendre,
Marie, avec amour, le compare en son cœur ;
À côté de la crèche où Dieu voulut descendre
Elle voit s’agiter le prétoire moqueur ;
Le repos de l’Enfant Jésus lui fait comprendre
Qu’un jour d’un tel sommeil Il sortira Vainqueur ;
Son front qu’une divine auréole environne
Paraît déjà courbé sous l’affreuse couronne,
Et ses pieds semblent joints pour le crucifiement !
Demande-t-elle au Ciel d’être un peu moins sévère
Qu’elle voit, dans un coin sombre du firmament,
Se dessiner la Croix sanglante du Calvaire !
__________________
Arthur de BUSSIÈRES.
CHANT DE NOËL
J’adore ta venue, enfant, frère des mondes,
– Œuvre de votre amour, ô Père, ô Saint Esprit ! –
Sublime agneau, victime et sauveur, Jésus-Christ,
Dont le front doit blêmir à nos douleurs profondes.
Je t’adore, ô Promis de toute éternité !
Je t’adore en mes cris, je t’adore en ma joie ;
D’une âme que le feu de ses désirs rougeoie,
Je t’adore en mon rêve et mon humanité.
Je t’adore !... Car j’ai compris ton beau sourire :
Sur ta lèvre divine où ses plis sont posés
Comme en un grand miroir, bouche et traits convulsés,
Le Prodige inouï du Calvaire se mire...
Ô divin Rédempteur ! Flambeau des Paradis
Que la chair et la vie agitent devant l’Être ;
Ô Sauveur ! apprends-moi ce que je dois connaître
Pour dompter la chimère et ses envols maudits !
Car je veux, avec Toi, grandir dans l’humble enceinte ;
Comme Toi, je veux mettre à mon front le roseau ;
Je veux m’agenouiller auprès de ton berceau,
Pour expirer plus tard aux pieds de la Croix sainte.
_________________



Ce message a été édité - le 18-12-2020 à 18:13 par Laugierandre
Posté à 18h11 le 18 déc. 20


C'EST LE SOIR DE NOËL...
Carillon argentin sonnant dans la vêprée,
Quand s’incruste au clocher le duvet floconneux
Des ravissants cristaux qui sur sa voûte crée
Un manteau satiné et fort volumineux.
C’est le soir de Noël, la terre fait silence ;
Un hommage de paix, après les chants sacrés.
Dehors, les grands sapins, que la neige ensemence,
Dans leur robe lactée frissonnent bien discrets.
Au travers des carreaux ma vue n’a rien d’égale,
Et bénit vers l’azur mes plus tendres desseins,
Tandis que le bosquet, figure pastorale,
Au chant d’un Sanctus Deus, inspiré par les Saints,
Parait s’épanouir d’un chœur qui tranquillise.
Quel chantre cultuel, aux répons fraternels,
Semble nourrir ma Foi dont l’écho fertilise
Mes rêves policés de parfums solennels ? …
Dans les maisons ornées de leurs lumières d’ambre,
Naît l’agitation, la chaleur de Noël ;
De fins souliers d’enfants qui ont rejoint leur chambre,
Vont attendre demain, selon le rituel.
ANDRÉ
__________________
NUIT DE NOËL
Cette nuit nous irons au-delà de nos rêves,
Tandis qu’en la forêt les sapins enneigés,
Leurs aiguilles lactées, figées comme des glaives,
Se dressent vers un ciel de flocons argentés.
En cet espoir muet de l’Elévation,
L’hostie et le calice ont l’âme du poète ;
Grandiose est la Foi, et la compassion
Unissant les chrétiens en une même quête.
C’est Noël, ici-bas, que minuit prophétise :
Un signal généreux chargé de rituel,
Et Jésus distribue le bonheur qu’il baptise,
Aux fidèles priant dans l’élan cultuel.
La parole sacrée, à l’instant, a pris corps,
Couronnée d’une aura d’amour, de tolérance,
Tandis que tous unis près de l’ostensoir d’or,
Nous prions ce moment, recueillement intense.
ANDRÉ
__________________
NOËL
Noël est mon credo, béni dans l’exégèse,
Inspiré du Sacré, sainte dévotion,
Où je puise l’amour, nourri de catéchèse,
Irradiant mon cœur dans la dilection.
Devant ce beau sapin, à côté de la crèche,
Je m’incline et je prie en la Nativité ;
Comparable à l’enfant que le jouet allèche,
Je retrouve innocence en la félicité.
Il neige en mon village, et un tapis soyeux,
Lacté et apaisant s’accommode à mes yeux,
Constelle la vallée de paillettes d’argent.
J’imprime ma mémoire en rêverie légère,
Et je songe, éveillé, d’un soupir convergent,
Au vieux Père Noël que mon âge exagère.
ANDRÉ
__________________



Posté à 11h33 le 19 déc. 20
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