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Poème écrit par Nihilisteo

Aux deux rivages

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À Pornic, lorsque le soir descend sur les jetées,
la mer garde en son pli les noms qu’elle a reçus.
Des barques, des visages, des mains inachevées
reposent dans le sel des retours interrompus.

Le phare bleu ouvre au lointain sa paupière tranquille,
comme s’il cherchait encore, au revers de la nuit,
ceux que le vent emporte au-delà des îles,
ceux dont l’absence veille au fond de chaque cri.

Mais la même eau, plus bas, aux portes de l’Afrique,
porte d’autres départs, d’autres corps sans tombeau :
des femmes, des enfants, des hommes magnifiques,
poussés vers un espoir plus fragile qu’un bateau.

Ils quittent le rivage où leur vie se resserre,
non pour défier la mer, mais pour sauver demain ;
et la Méditerranée, jadis promesse ouverte,
devient parfois la nuit refermée sur leurs mains.

Ô mer, ne fais pas de leurs noms une écume,
ni de leurs rêves brisés un silence ordinaire.
Que chaque vague dise, au lieu de les dissoudre :
nul être humain n’est né pour périr aux frontières.

À Pornic comme au large des côtes tunisiennes,
algériennes, marocaines ou libyennes,
une même douleur traverse le flot amer :
celle de l’être aimé confié malgré lui à la mer.

Alors, pour tous les absents que les eaux ont gardés,
allumons dans nos cœurs une lumière fidèle :
non pour apaiser l’oubli, mais pour lui résister,
et rendre à chaque nom sa présence éternelle.

Pornic
Le 17/09/26

Tous droits réservés © Poème posté le 18/09/2026 par Nihilisteo

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