Pot au noir
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Toute vie ouvre une éprouvante tragédie ;
Infiniment, chaque être est né pour mourir seul ;
Nous flétrissons après fleurir, comme un glaïeul,
Et notre esprit mélange, et quémande, et mendie…
Servirait-il à ce présent ré-émerger ?
Face au néant pourtant l’espoir pulse et palpite ;
Cette existence, en fait, ne serait-elle un rite ?
Qu’un prêtre fou répète en vain, pour se venger !
Une blague ignoble, un théâtre en un seul acte !
Ce monde, un rêve ? un trou, sans trêve approfondi
Par un temps faux tournant du dimanche au lundi,
Mal augurant, virant d’eau calme en cataracte !
Nulle naissance - un livre ouvert - n’a libre mort ;
Seule la roche échange en grès sa graine dure !
Tout ce qui pense, et passe, et crie, est un murmure
Imperceptible, à peine audible : un désaccord !
De ce ravage où rien ne reste et tout s’englace ;
Se bien garder de ne chaque jour succomber ;
Ne nous navrons pas du doux temps de se flamber,
Ce vol - le seul - serait gâché, si l'être lasse !
