Immortalité
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Bien allongé sur le papier
Sous les draps soyeux, veloutés
Que sont les mots et puis les rimes,
Je repose bercé des rythmes
Et de ces musicalités
Qu'en me lisant vous fredonnez.
Je repose fixe, immobile
Comme un sphinx et comme un musée,
Je repose, ô combien tranquille
Côtoyant l'immortalité.
Qui ne me dit que dans vingt ans,
Cinquante ou un siècle peut-être,
Je renaisse en bibliothèque
Comme avec moi le fit "Lélian" *:
Il était ainsi qu'un gros meuble
Figé dans un style, une idée
Attendant de ressusciter
Dans un esprit aux idées meubles,
Attendant qu'au sien le mien s'ouvre
Et qu'en lui je me redécouvre.
J'ai communié tant avec lui,
Qu'il respirât mon oxygène,
Que mon coeur fut en ses poèmes
A ne savoir plus aujourd'hui
Quand je tapine sur ces lignes
Si c'est moi, si c'est lui qui signe.
Elles sont de la même veine:
Si c'est de moi, c'est bien sa graine
Qui pousse là sur le papier
Et cela pour l'éternité:
Qui ne me dit que dans mille ans
Je renaisse comme Lélian ?
* Lélian: Surnom que se donnait Paul Verlaine
Sous les draps soyeux, veloutés
Que sont les mots et puis les rimes,
Je repose bercé des rythmes
Et de ces musicalités
Qu'en me lisant vous fredonnez.
Je repose fixe, immobile
Comme un sphinx et comme un musée,
Je repose, ô combien tranquille
Côtoyant l'immortalité.
Qui ne me dit que dans vingt ans,
Cinquante ou un siècle peut-être,
Je renaisse en bibliothèque
Comme avec moi le fit "Lélian" *:
Il était ainsi qu'un gros meuble
Figé dans un style, une idée
Attendant de ressusciter
Dans un esprit aux idées meubles,
Attendant qu'au sien le mien s'ouvre
Et qu'en lui je me redécouvre.
J'ai communié tant avec lui,
Qu'il respirât mon oxygène,
Que mon coeur fut en ses poèmes
A ne savoir plus aujourd'hui
Quand je tapine sur ces lignes
Si c'est moi, si c'est lui qui signe.
Elles sont de la même veine:
Si c'est de moi, c'est bien sa graine
Qui pousse là sur le papier
Et cela pour l'éternité:
Qui ne me dit que dans mille ans
Je renaisse comme Lélian ?
* Lélian: Surnom que se donnait Paul Verlaine
