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Maléfice
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Maléfice




Comme à mes strophes - c’est étrange,
Elle est - mon ange – en outre étanche,
Je rimais pendant son dormir,
Sentant mon esprit raffermir
De la voir tant abandonnée
A sa nocturne randonnée ;

Et je lui murmurais mes vers,
Façonnant de rêves pervers
D’emblée adoubés par Morphée,
Les nuits du sommeil de ma fée !

C’est dans ce beau repos si pur
Que se recompose un futur
Fait de songes imaginaires
Et de sons joliment binaires.

(Belle, ton cerveau t’asservit,
Au matin quelque écho survit…)

Et je bénissais l’insomnie
Quand jusqu'à l’aube que l’on nie
Je susurrais d’alexandrins !
Là ma lèvre, au ras de ses reins
Articulait la rime plate ;
En remontant sous l’omoplate
Je la sentais qui frissonnait
Au second tercet d’un sonnet
Et j’ai parfois manqué de souffle,
Pensant : peut-être, elle camoufle ?
Comme elle miaule à peine et geint
Pile où la clausule survient !

Mais son haleine retrouvée
Dit sa divagation couvée
Par l’esprit d’un abandon vrai,
La seule ombre où je me mouvrai !


* *


Gorgée un jour des ambroisies,
Empoisonnée aux poésies,
Tu me dirais, l’œil mi-rêveur
Des triolets pleins de ferveur
Qui me laisseraient bouche bée
Par leurs reflets de scarabée !

Tu t’émerveillerais d’un rien ;
Joignant le geste épicurien
A la parole équilibrée,
Jusqu’à ce qu’un instant se crée !

Tu pourrais me rendre jaloux
- Car l’homme est un troupeau de loups -
Si tantôt, trop belle et trop bonne,
Tu refleuris avec l’automne !


* *


… Ses mots mystérieux sont exacts,
Dépourvus de tous artefacts ;
C’est de l’eau de boue et de crue
Et l’eau d’une topaze écrue ;
Son rouge et son or sont tisons,
Elle en peint les avalaisons,
Et si la patte est un peu mienne,
Vrai, sa nuance est magicienne !

Dès lors meilleure que Sappho,
S’est fait poète tout de go,
Inspirée, aux charmes sans nombre,
L’artiste qui me fâche et m’ombre
Par sa tranquillité des mots,
Les sons, leurs sens et les rameaux
De son génie insupportable,
- Pour moi, le dindon de la fable !



© Poème posté le 06/03/2016 par Salus

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