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De l’Adieu recommencé…

Au-delà du manque que son absence creuse, du gouffre qu’elle seule peut combler et de l’unité ainsi retrouvée le temps d’un souffle, d’un baiser, aimer purifie.
Plonger son corps en celui de l’autre, ses yeux en son âme, est un baptême qui chaque fois renouvelle et restitue la virginité.
Un souffle anime la chair, le corps devient mystique, la vacuité s’emplit.
Le désir n’est plus tension ni de quête ou de conquête, il est sérénité létale. Il est de rester, non plus d’aller.

Je n’oublierai jamais la date du cinq mai
De l’an deux milles douze
Je n’oublierai jamais quand tu me dis m’aimer
Qu’au tien mon cœur se couse

Comme un nuage enveloppe la pluie
Qu’il ne sait retenir
Je t’entourais au centre de ma nuit
Qu’illumina ton rire

Je n’oublierai jamais ma naissance en tes bras
Ton baptême d’eau pure
Le filtre de ton corps Ton baiser qui sacra
L’instant qui meurt et dure

Au loin désormais tu vas et t’estompes
Pâle ombre qui frémit
N’auras-tu été que rêve qui trompe
L’ami d’amour démis


Comment survivre dans ce monde bête et froid,
Où chacun s’enferme et protège en sa routine,
Quand chaque matin voir le soleil se coucher ?

Sois simple et appelle les choses par leurs noms ;
Comme je viens vers toi, viens vers moi si tu m’aimes
Sinon, permet-moi de t’oublier doucement,
Que seul subsiste le coton d’un rêve doux et beau ;
Laisse-moi m’endormir, roulé autour de lui,
Le chérir et choyer en ta place vacante.

Je laissais s’écouler le fleuve des journées
Avec ce sentiment de tout avoir vécu ;
Et puis tu es venue, venue pour m’achever,
Toi, qui auras été ma naissance et ma fin.

Dis-moi, vive qui tue ! Où donc est ta victoire ?
A plonger le couteau dans la plaie, grandis-tu ?
Pour te sentir aimée, à combien dans ton lit
Arrêtes-tu de cadavres le nombre ?

Ton champ d’amour ne serait-il que de batailles ?
Et sur ta plaine désolée, quel soleil noir
Se lève ? Un Austerlitz de conquêtes ratées
Infiniment recommencées. Le sang n’étanche
Aucunement la soif d’amour de Dracula.

Dans quel abominable cercueil te clos-tu ?
Et craignant sa clarté, tu fuiras le soleil,
Préférant sa chaleur sur ta peau sur la plage…
Mais que sais-tu du bonheur d’aimer,
Toi qui m’en fis savoir sa désolation vaste ?

Oh non de toi nul mal jamais ne dire
Nul oiseau ne décide du vent qui l’emporte
Tandis que je t’aimais entendre encor ton rire
Bienheureux que tu m’ouvrisses ta porte

Qu’à ton absence mon baiser expire
Et que mon cœur plus désalé que la mer morte
De ton ciel se détourne où son désir délire
En cette attente qui le déconforte

Jamais cela n’effacera ce socle
Sur lequel fut posée ta statue rayonnante
Et même s’il fallut d’un étrange monocle

Munir mon œil à la vue défaillante
Pour confondre le modèle à son rêve
Ton illusion à mon ennui fut douce trêve.


Car je ne suis pas dupe du chaud et du froid
Que sur ma plaie tu pris plaisir à déverser.
Si j’ai rompu la chaîne d’asservissement,
Je suis en déplaisir que tu y sois liée.
Du chat qui joue, jamais ne serai la souris !
Et le pantin, des fils de femme, se défait.

Bientôt s’assèchera la clepsydre des larmes…
Et ton mirage d’oasis s’efface et trouble
En ce désert que tu m’as laissé, goutte à goutte.

Bientôt ne restera que la vapeur tremblée
De ce qui fut ta silhouette, une fumée
De cigarette, une gitane, un souvenir.

Car ce n’est pas un deuil que s’arracher le cœur,
Quand il est devenu cancer en la poitrine !
Si l’ablation est de survie, il faudra bien
Soit trouver un donneur, ou bien un artifice…

J’irai à Lourdes confesser avoir péché
D’avoir aimé, de t’aimer trop, à la folie,
D’avoir, d’excès d’amour, péché contre raison.

Tu n’imagines pas la folie qui me tient,
Ça me tombe dessus soudain comme une fièvre
Et dois, pour l’abaisser, me plonger dans l’eau froide,
L’eau froide de colère et de rage et d’oubli.
- 21/12/2012 -

© Poème posté le 01/02/2013 par Jim

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