Il se tient flageolant, titube en avançant
Sur ses jambes frêles il ignore le mal
Il tombe, se relève, d'un pas anormal
Puis s’agrippe à mon bras, vainqueur et tout puissant.
Le monde n’est que flou, ses yeux vont vieillissant
La voix ne porte pas, le son presque animal
Comprend-il seulement, tout ce qui est banal
Pour lui est un abysse où il erre impuissant.
À jamais dépendant, soumis à l’assistance
Il ne sait ce qu’il est, trahi dès la naissance
Je reste à ses côtés, il me semble si vieux.
Si faible il m’a vaincu, c’est moi qui suis tremblant
Il rit à chaque instant, et moi j’essuie mes yeux
Car ce n’est qu’un enfant, il fête ses trois ans.
