Clochard céleste
je suis de la race des clochards célestes,
ma mère, elle, s'est accouplée avec un scorpion
et mon père, vaste océan sur la terre poussiéreuse,
s'est perdu dans les ports aux chasseurs d écume,
quand le moral se fait de plomb, alité
et qu il n est pas lesté par un litre de whisky
j'enfourche le dragon de mon ciel - animal et je trace ma route
toujours plus avant, sur la zone
des pays radieux se révèlent à moi,
des gouffres béants, des vallées aux vertes collines,
qui ne sont gouvernées que par des hommes de bonne volonté
toujours plus avant, sur la zone
mes amis de fortune m entraînent
sur la terre aux orgies fastueuses,
dans une débauche de luxure au sein de la grande Nature
toujours plus avant, sur la zone
ces plantes vénéneuses me font du gringue
qui m'emportent dans des trips hallucinés
à la frontière entre terre et ciel
et c'est là, dans la mer, aux confins du monde
dans un sentiment océanique, baigné de larmes
que je me prends à rêver de voyages immobiles
de routes sans retours, une dernière palinodie,
comme la dernière étincelle de vie, seule capable de renverser
les fondations du Cosmos