Ces jours qui accourent,
Ces jours qui s’instillent,
Ces gens qu’on aime et qui sont présents,
Ces gens qu’on désire et qui sont ensevelis.
Ces réminiscences qu’on adule,
Ces souvenirs qu’on oblitère,
Cet enfant qui nous demeure,
Cet adulte qui nous éclaire.
Cette joie qui nous berce,
Cette tristesse qui nous tance,
Cette fleur qui, sous les perles, ploie,
Cette aurore qui, au réveil du coq, échoit.
Ce bruissement du ruisseau qui coule,
Ces galets nus qui d’eau se saoulent,
Ces rêves qui vivent et s’évanouissent,
Ces illusions qui rôdent et jaillissent.
Cette croisée aux chemins inconnus,
Cette escale sans repère ni menu,
Cette réflexion amorphe et sans dessein,
Ce destin tortueux et sans tocsin.
Ceci, et ce qui n’est pas dénoncé,
Panse l’âme, incurve la traversée,
Compose nos joies, orchestre nos peines,
Freine nos folies, amadoue nos haines.
Cette rencontre, un désir, une aubaine,
À sa luminescence, mes jours suspendus ;
L’appel de ses désirs enfin entendus
Fait renaître sans fin et proscrit l’hier,
Abroge ses anniversaires révolus,
fige les chiffres, noie le Temps.
