Le courant d’air ruisselant sur l’ouvrage,
Semblant m’enfermer tel un otage,
Celui d’un court moment dans ce mirage.
Départ faisant, me voilà pris dans la cage.
Je n’eus pas le temps de tourner la page,
Ni de graver sa voix dans le paysage.
Bien que notre rencontre eût le goût d’un hommage,
Je me promis : demain, bien davantage.
Le temps qui fait ravage,
Pour la énième fois, un carnage !
Ses mots s’effacent au creux du langage,
Elle m’offrit son dos, triste et sans dommage…
Me voilà vieux " quel outrage ",
À regarder les trains près du rivage,
Derrière les barreaux glacés du grillage,
À garder son absence en dernier héritage.
