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Poème écrit par Nihilisteo

Départ du fils

1
Le temps a fait son temps.
Te voilà prêt à partir, mon fils,
Et déjà le silence habite au seuil de ta chambre.
Tu emportes avec toi tes rêves et ton avenir,
Et nous laisses étonnés devant l’absence qui tremble.

Ce n’est pas ta faute. Il faut bien quitter le nid,
Grandir, marcher seul sur les chemins de la vie,
Te forger ton destin, bâtir ton propre édifice,
Et devenir enfin l’homme que tu seras demain.

Le temps a fait son temps… Comme c’est étrange
De voir tes affaires dans cette chambre vide.
Quelques livres, des souvenirs, des vêtements sages,
Et ce silence soudain que rien ne décide.

Et c’est le papa qui pleure le départ de son ange.
Je regarde mes mains, chargées de tant d’années,
Et comprends que mes rides, silencieuses et étranges,
Racontent le chemin que tu viens de commencer.

Ta maman pense à toi au milieu de ses jours.
Elle croit parfois entendre ta voix familière,
Puis cherche ton visage dans les gestes d’autrefois,
Et découvre à nouveau que tu as pris ton chemin.

Nous redoutions ce moment depuis que tu es né :
Le jour où tes premiers pas seraient loin des nôtres.
Car nul parent ne possède assez de force au monde
Pour apprivoiser l’instant où l’enfant devient un autre.

Te voilà, bonhomme, du nid enfin décollé,
Le monde immense s’ouvre devant tes pas.
Nous tremblons pour tes chutes, tes blessures, tes combats,
Mais nous savons qu’on ne grandit qu’en quittant la maison.

Nous resterons là, deux cœurs un peu brisés,
À recoudre lentement les morceaux de notre histoire.
Car le départ d’un enfant n’est jamais tout à fait
Une absence : c’est un amour qui change de territoire.

Alors va, mon fils. Va sans te retourner.
Ne crains pas de nous laisser avec notre tendresse.
Ce que nous t’avons donné, nul ne pourra l’emporter :
Nos voix, nos bras, nos rêves et nos faiblesses.

Va semer ton courage aux quatre vents du monde.
Va chercher ton soleil au-delà de notre horizon.
Et lorsque viendra le temps où ta récolte abonde,
Souviens-toi simplement du chemin de la maison.

Car nous ne t’avons jamais appris à nous appartenir.
Nous t’avons donné des racines pour mieux prendre le large.
Un enfant n’est pas une branche qu’on voudrait retenir :
C’est une graine de vie qui poursuit son voyage.

Et si parfois demain la solitude te surprend,
Si le monde te paraît trop vaste ou trop sévère,
Sache qu’au fond de nous, malgré les rides et le temps,
Il restera toujours une lumière allumée pour toi.

Le temps a fait son temps.
Et nous devons le laisser faire.

Tu pars avec ton avenir.

Nous restons avec ton enfance.
nihilisteo 05/09/2005

Tous droits réservés © Poème posté le 10/09/2026 (modifié le 11/09/2026) par Nihilisteo

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