Colline
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Je suis comme le grand-père
De Jean Giono dans « Colline »,
Qui dégoise et déblatère
D’une parole en moulin
Qui jamais ne se termine,
File l’huile, tel le lin.
Mille et mille vers s’entassent ;
Que faire, au feu décapant
De cette rime fantasque
Qui me submerge l’esprit ?
Et tout mord, comme une dent,
Pour privilégier l’écrit !
Si l’écrin de mon œuvre ivre
S’acharne à ce que chatoie
La magie, à chaque livre,
L’azur, la fièvre et la nue,
C’est que la forme est la voie,
Et le sens en est la vue !
Mais le flot, toujours plus large,
Des arpèges qui me piègent,
Me rendra tout à fait barge ;
- Retournons à nos moutons :
Toutes ces troupes m’assiègent,
Je le dis, sur tout les tons !
