Quelle légitimité as-tu à dire l’amour,
L’aspiration profonde aux nobles sentiments,
A chanter l’harmonie de cœurs qui s’énamourent,
La pureté parfaite d’incandescents tourments ?
Tu en pinces pour ton luth, apprenti troubadour,
Penses que d’habiles trouvailles, sournois écrivaillon,
Les aubades apprêtées peuvent, en splendides atours,
Rapiécer les lambeaux de ton âme en haillons.
Les préceptes courtois, les cartes du tendre,
Compliments mal tournés ou attenions pressantes,
De Barthes et ses fragments,(1) ta parodie grinçante,
D’une connaissance intime, j’en sais trop qu’attendre.
Ton grimage outrancier de comédie bouffonne,
Accentue, des grimaces, le burlesque malsain,
Comme le dupe de Scapin, faquin, qu’un turcophone,
Te bastonne le derrière de grêles rires assassins.
Poème écrit par
Deshaiessaintes
Jouer aux cartes du tendre
(1) cf. Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes
Tous droits réservés © Poème posté le 16/01/2025 par Deshaiessaintes
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