La terre avait dansé, puis retrouvé son âme
Les corolles tissaient d’or les champs irisés
Sous les trilles joyeux que lançaient apaisés
Les oiseaux revenus après l’hiver de flammes.
Les charrues de nouveau transperçaient de leurs lames
La surface écorchée tant de fois explosée
Le riz avait germé du sol cicatrisé
Les enfants gambadaient sous le ciel du Vietnam.
La détonation, puis les cris de douleur
La rizière rougit, si honteuse des pleurs
D’un garçon étonné de n’avoir qu’une jambe.
Juste un pas innocent, un seul pied qui se pose
Sur la mine oubliée, c’est fini d’être ingambe
De ces graines semées, des fleurs de sang éclosent.
