Jadis on moissonnait le blé à la faucille
Tous en cadence et dans la joie
Sous les cris des oiseaux venus à la resquille
Becqueter ce festin de roi.
Au pas pesant des bœufs le grain suivait le cours
De sa lente métamorphose
En pain blanc dont l’arôme émanant du vieux four
Se glissait sous les toits de lauzes.
Près de l’âtre où le lait de Muguette ou de Blanche
Tiédissait dans un caquelon,
La chaleur colorait de miel et d’or la tranche
Née des généreux épis blonds.
Nul mets n’égalera ce pain béni du ciel,
De l’âme et du corps l’élixir,
Qu’homme et terre ont pétri de leur sang fraternel,
Et qui n’est plus qu’un souvenir.
