On aurait pu rentrer chacun chez soi, sans trace,
Laisser la journée se clore dans une phrase lasse,
Laisser les mots s’effriter, tomber en disgrâce…
Mais a surgi alors ce battement immobile,
Dense et vibrant, pourtant fragile,
Comme un souffle au bord de l’équilibre.
Alors on est resté.
Pas par obligation, pas par politesse,
Mais parce que partir aurait eu l’indélicatesse
De laisser derrière nous une caresse absente,
Une marche suspendue et glissante.
Doucement, on a parlé.
Des bribes effilées, bancales, presque flottantes…
Des mots errants, en suspens, qui tissent un pont,
Élancé entre nos deux rives hésitantes,
Une passerelle de brume qui frissonne à l’horizon.
On échangeait à voix basse, en rythme,
Les silences n’étaient plus des abîmes
Et révélaient peu à peu une musique intime.
Un geste s’est invité.
Une main posée sur une autre… délicatesse,
Un contact simple, presque une tendresse,
Un point d’ancrage dans le soir qui décline ...
Le corps avait deviné ce qui palpitait en sourdine.
Les cœurs se rapprochaient....
Et cette suspension a suffi ... le silence a murmuré,
Ne pas combler, ne pas bouger,
Laisser flotter l’éternité.
Nos peurs ont essayé de s’immiscer,
On les a laissées s’effacer,
Pour rester accrochés
À ce fil invisible d’intensité
Qui nous unissait sans se nommer.
Et cette suspension a suffi ... le silence a murmuré,
Ne pas combler, ne pas bouger,
Laisser flotter l’éternité.
Poème écrit par
Viemartienne
Rester
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Tous droits réservés © Poème posté le 09/10/2026 par Viemartienne
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