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Poème écrit par Ancoradargento

Frémisse d’Autan

Tel un enfant furibond désertant dans la joie
La leçon pour célébrer la liberté retrouvée,
Le vent d’autan s’époumone sur la ville :
Retournant de colère les agréables pare-soleil,
Dans l’écho calomnieux des voix
Et la dentelle légère des coquettes dames
Pour dévoiler leurs dessous audacieux
Au regard curieux faussement distrait
Des sombres galants.

Non content de son œuvre
Qui rend ivres les fiers deux-roues
Habitués à toiser sa courbe,
Il déshabille aussi les pauvres arbres
De leurs belles ramures de poupons
Et arrache leurs feuilles grisonnantes
Pour les assembler dans une grande ronde,
Une étrange potion de sorcière.

Voici la chevauchée des Valkyries revisitée, habillée
Et portée par les enfants terribles de la brise,
Dont la pauvre végétation pleure
Son buisson rafraîchi grossièrement
Et sa tête dégarnie ravageusement ;
Cette belle chevelure verdoyante,
Maintenant pleine de poux et de trous,
À l’approche de l’automne ne poussera plus.

Les insectes laboureurs et butineurs ne sont pas en reste :
La fourmilière peine à maintenir sa chaîne d’approvisionnement,
La sauterelle et son compère criquet se retrouvent d’un coup à la rue,
Monsieur Bousier perd la boule et son nord,
Madame Papillon court la tempête au risque de perdre une aile et trébuche sur le comptoir fleuri.
C’est le déluge de la débâcle,
La fin du monde miniature,
Somptueux festin tombant à pic et en bec
Pour la gent insectivore qui patiente gentiment,
La bave coulante et la gueule grande ouverte.

— Vent déchaîné que fais-tu, sombre idiot,
En avance sur le rendez-vous ?

— Que me contes-tu là poète, Je suis le caprice d’Hermès
Naviguant sur le sud-ouest de la France,
Je n’ai pas besoin de dérogation pour déployer mon voilage d'ailes
À la faveur des masses d’air et dépressions océaniques.

— Ne vois-tu pas que tu perturbes le train de vie et l’harmonie
Du pauvre citoyen du sud par tes grands airs ?

— Bin il faisait chaud ces derniers temps non ?
J’apporte mon grain de sel sur ce paysage triste.

— Du sable à éborgner un aveugle plutôt, scélérat !!!
Par ta faute j’ai perdu mon caleçon porte-bonheur,
Comment vais-je composer maintenant ?

Tous droits réservés © Poème posté le 09/10/2026 par Ancoradargento

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