À celle ou celui qui demeure dans une tristesse indénouable,
qu’il aille visiter, aux confins du village, la vieille hutte de bûcheron en ruine.
Le corbeau blanc de son maître
viendra sans doute becqueter les fils du vide.
Et si, malgré tout,
il reste encore plongé dans des pensées sans repos,
qu’il ramasse une plume blanche.
Le parfum du vent des montagnes d’été saura sûrement l’apaiser.
Et si, malgré tout,
il demeure encore sous la pluie du chagrin,
qu’il prête l’oreille aux murmures des grands arbres majestueux
dressés au plus profond des montagnes bleues,
et qu’il boive jusqu’à la dernière goutte les perles silencieuses
débordant des veines du bois.
Alors une lumière pure rayonnera tout alentour.
Et si, malgré tout,
son cœur grince encore,
qu’il s’étende sur l’épaisse couche des feuilles mortes.
Le temps finira sûrement par l’emporter avec lui.
Alors le corbeau blanc
continuera de chanter son chant sans voix.
