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Poème écrit par Oberdada

Et un rêve passe

Dans une ville de province, tel un cloitre sombre,

Où les murs sont des ruines que les rues encombrent,

Et les forêts éclaircies, des parcs arborés,

Vivaient quelques humains aux bonheurs timorés.

Chacun regrettait une jeunesse en haillons,

Partit on ne sait où, loin de ce moussaillon

Qui promettait tantôt, un avenir ou un passé ;

Maintenant, tout cela était débarrassé.

Dans des salles basses, aussi basses que les songes,

Grouillaient des vérités, frères jumeaux du mensonge,

Qui ornaient les murs caressés par la pluie ;

Tous le savaient : il gèlera cette nuit.

Alors les vipères se déliaient lentement,

Comme les braises d’un feu à l’approche d'un relant,

Comme des vignerons, face aux tonneliers ;

Quand le liquide est bon, il faut le faire couler.



On parle de ce père, pleure-misère, avare,

Qui n’aime que son argent et ses hectares,

Et dont la fille est belle à en sangloter ;

Elle est magnifique comme un ventru banquier !

Chacun espère un fils, en clé de cette famille ;

Ils en parlent et les mères ont les yeux qui brillent ;

Les commentaires achètent déjà la ménagère ;

Il n’y a qu’un ennui : et l’ennui c’est le père !

Chacun s’assied devant sa porte et toujours attend

Le passage de la blonde et de ses vingt ans,

Puis du vieux monsieur qui s’essouffle derrière ;

Cette fille n’est pas l’amour : c’est une carrière !

On bombe le torse, on parle bien fort.

Les muscles saillants sous le bel effort,

Les dents sont rares mais en bonne santé ;

Les têtes s’échauffent, toutes ébouillantées

Par les idées noires et par le lourd décompte.

Elle est du métal qui vous propulse comte !

Puis un jour arrive de la capitale

Un cousin éloigné de la belle vestale,

Et dans l’embrasure des maisons jalouses

On maudit le revenant de la future épouse !

On la trouve moins belle, petite intrigante ;

On décrète soudain la belle, arrogante

Quand elle s’attache au bras du mauvais cousin !

On lui trouve d'évidence, un regard d’argousin...

Comme des cambrioleurs rêvant leurs forfaits ;

Le crime, ils en ont eu l’idée, mais ne l’ont pas fait !

Tous droits réservés © Poème posté le 23/07/2026 par Oberdada

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