Le paysage en reflet
Je m’éveille dans l’alcôve et me perche au ciel clair,
Papillonnant entre rêve et aube, je songe à mon mystère.
Étais-tu un ange, une femme, ou funeste présage ?
Car si tous mes pas mènent à Rome, mes papillons restent en cage.
Je dévisage mon aube dans la fenêtre close au soleil ;
Dans le velours noir de la glace, c’est moi que la lampe délaye.
Le jour s’insinue dans les fissures du décor,
Et moi je fume encore — sous le volet qui dort.
Ma fumée s’élève en légers nuages de verre,
Quitte l’embrasure et caresse l’air clair.
La ville entière s’éveille sous le couvercle de cristal :
Chaque toit, chaque ligne s’ourle dans le reflet minéral.
Le reflet ductile, planant sur le marbre intérieur,
Mes gestes oscillent entre éveil et torpeur.
Je souffle sur la ville une ultime fumée buissonnière,
Et les toits resserrent leurs tuiles sous l’étoffe de la verrière.
Enchâssés dans le verre comme l’eau dans une nasse,
Les toits se damasquinent et s’échancrent dans la glace ;
Tandis que mes rêves, à peine défaits, aux nuages papillonnent,
En apesanteur — où nulle oraison ne les arraisonne.
Le paysage n’est plus dehors : il vit à l’intérieur.
Toits serrés à l’infini, horizon qui assiège mon cœur.
Suspendu entre fumée et reflet, entre néant et infini,
Tout s’écrit et se tait, là où la lumière prend vie.
Poème écrit par
Pulsionmacabre
Le paysage en reflet
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Tous droits réservés © Poème posté le 01/07/2026 par Pulsionmacabre
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