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Le vide habité
1

Dans la continuité de ses élans poétiques,
il travaille le vide —
non comme une absence,
mais comme une matière vivante.

Alors la toile se déchire.

Les mots n'y frémissent plus seulement :
ils éclatent.

Étoiles filantes.
Traînées brèves.
Cicatrices de lumière
sur le vaste firmament de l'art.

S'écouleront-ils vraiment,
ces vers nés d'un désert sans promesse ?
Ou demeureront-ils suspendus,
entre deux silences,
comme une gorge hésitant encore à parler ?

L'âme n'est ni jardinier ni troubadour.

Elle sculpte.
Elle fracture.
Elle reflète.

Des miroirs fêlés.
Des paysages sans bord.
Des éclats d'infini
que le regard ne retient jamais tout à fait.

Prenez-les, mais avec lenteur.

Sous l'ombre de la plume palpite un souffle fragile.

Sur le versant des secrets,
là où les paroles préfèrent se taire,
ses ailes se replient.

Au matin, on ne lit pas ces traces :
on les apprivoise.

Une eau de neige descend sur les phrases brûlantes.

Le silence recouvre le trop-plein,
comme on déleste l'âme
d'un bijou devenu trop lourd.

Puis vient le geste patient :
déposer, recouvrir, attendre.

Voile de soie.
Brindilles fragiles.
Jardin d'hiver.

Et le saule,
indocile cette fois,
pleure sans demander la permission.

Alors seulement, sur la mousse ancienne,
les pensées cessent de dériver.

Elles s'enracinent.

Ou peut-être s'effondrent.

Peu importe.

Car c'est dans l'attente que le texte trouve son souffle,
et devient vivant.

Tous droits réservés © Poème posté le 04/06/2026 par Jamespx

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