Cassé, brisé, qui va me réparer, qui donc ?
Ou suis-je seulement bon à détruire, à jeter ?,
Assis, seul, au salon, je compte les secondes,
Insouciantes, elles s'écoulent de ma captivité
Le temps comme le mal, jamais ne s'arrête,
Le temps passe, et ajoute des jours à ces jours.
Le mal, lui, ne passe pas, il me maltraite,
Alors, je prends la plume, celle qui me secoure...
Ces derniers temps, quand je la trempe,
C'est pas de l'encre, c'est mon sang qui vient goutter,
Petites gouttelettes à moi indifférentes,
S'en aller peu à peu, partir, et vous laisser...
Arrivé chaque fois au bout du désespoir ,
Soudain s'ouvre une voie, juste un peu de lumière ,
Une petite lueur,un tout nouvel espoir,
Auquel on croit encore sans faire de manière.
J'ai gravi bien des monts, monté tant de montagnes,
J'en suis redescendu, même souvent chuté,
Voyant à chaque fois mon propre épouvantail ,
Et voyant seulement la fin se dessiner.
Et quand le désespoir devient interminable
Que la douleur s'acharne et vous met à genoux
On voudrait en finir et c'est impardonnable,
Avec le moindre des espoirs, on devient fou...
La plus petite pierre nous sert alors d'appui
Juste pour monter un peu, et voir un peu plus loin,
On s'y accroche bien, on s'accroche à la vie
Même si on sait en fait, qu'on ne s'accroche à rien...
