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Nébuleuse unanime
1

Au point du jour, cireux de brumes en haillons,
Quand la sombre campagne a blanchi de rayons
Si lents qu’un soleil absent, sous l’horizon courbe,
Darde aux airs changeants, fume doucement la tourbe…

La vie, une lumière à cet œil enfantin,
Eclose, fraîche, et s'ouvre au bonheur incertain ;
Comme au matin des dieux, l’éternité s’allonge
D’une eau tranquille et pâle où l’humanité plonge…

Passe et plane un temps plan, létal ; Cocyte creux
D’où surgit la musique en vert-de-gris cuivreux,
A la danse des sens, ô chance incandescente,
Le doux don délicieux de l’aisance indécente !

Faseyant sous gros temps, gîté, las et roidi
Mais l’étrave obstinée encore au cap ; midi,
Au farouche compas suivi, riant, et face
Au ciel vide et vengeur, d’un sillon fait sa fasce !

De ce combat de jours et de nuits, fastidieux,
La victoire, acide, est dérisoire : être vieux.
Si toute heure soufferte entre en pérennité,
Si tout instant hanté semble une extrémité…

A la lumière qui décroît, d’un miel écru,
L’étendue atone flamboie, astre recru ;
Dans les airs pleins de sang
Des collines le vent
Annonce un néant
Si noir

Tous droits réservés © Poème posté le 30/01/2025 par Salus

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