Couverture de Massacre à la MDPH

Massacre à la MDPH

par Vincent GRANGE

Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 90
Prix : 18.88
Date d'édition : 03-08-2026
ISBN : 979-8190548419

Présentation

Comment peut-on en arriver là ?

Qu’est-ce qui pousse un homme, brisé par un corps qui le lâche et une administration qui l’ignore, à commettre l'irréparable ?

À travers ce récit sans filtre, découvrez la trajectoire d'une personne en situation de handicap dont la vie bascule. Entre humiliations quotidiennes, perte d'identité et indifférence bureaucratique, ce texte explore la frontière ténue entre la résilience et la rage.

Ceci est une fiction. Mais une fiction qui puise sa source dans une réalité trop souvent tue : celle de milliers de personnes qui souffrent en silence. Quand il n'y a plus d'écoute, quand le "dossier" remplace l'humain, le dernier cri de ralliement peut devenir sanglant.

Une plongée brutale dans les tumultes d’un vécu où le silence n'est plus une option.

Extrait

Vivre




Mentir — en vérité, on le fait tous. Ne pas le reconnaître, c'est déjà un mensonge.

Mais attention, mentir n'est pas toujours quelque chose de négatif. Parfois, cela peut apporter une forme d'aide. Dire à quelqu'un qui va mal que la situation va s'arranger, c'est parfois un mensonge — car on ne sait pas si c'est vrai, on le suppose —, mais c'est important pour lui apporter du soutien et une aide morale. Dire à quelqu'un qui manque de confiance en lui qu'il est beau, même si ce n'est pas forcément votre avis, est aussi un geste d'aide.


Mais là, on va parler du mensonge à soi-même. Et comme pour le soutien par le mensonge envers les autres, tous les mensonges ne sont pas négatifs : l'auto-persuasion, dans certains cas, peut être utile. Par contre, quand la situation part en sucette et qu'on choisit de se mentir, on n'arrange rien.


Mentir par déni, c'est sans aucun doute le pire des mensonges envers soi-même. Pourtant, parfois, on le voit comme une solution. Tous ceux qui ont fini par reconnaître leur problème le savent que trop bien : c'est extrêmement difficile de sortir du déni.


Moi, quand j'ai choisi de continuer à vivre, je me suis menti sur mon état mental. Je n'aurais jamais cru qu'un aussi petit déni — petit, je minimise encore, alors qu'au final ce ne l'était pas — aurait une telle répercussion sur ma vie future. Pour vous donner une image, c'est comme mettre un couvercle sur une casserole qui brûle, mais en laissant le feu allumé. Parfois, le feu est fort et là, ça part très vite. Parfois, c'est sur feu doux et l'agonie se fait lentement. En vrai, je ne sais pas ce qui est le pire : tout prendre d'un coup ou couler doucement, se noyer à petit feu. Dans les deux cas, c'est la merde.


Mais voilà, moi, j'ai choisi la vie. Et je me suis dit qu'après tout, un aussi petit mensonge, le temps que ça passe, ce n'était pas si grave. D'autres ont plus de problèmes que moi dans la vie — ce qui signifie, selon ma logique de l'époque, que je me faisais une idée fausse de ma propre souffrance.






Et puis, si celle qui se tenait alors à mes côtés me disait que ma réaction était disproportionnée, c'est que c'était potentiellement vrai.