Salut, petite prose écrite en laisser-aller sans pression sur l'automne, j'aime bien cet exercice.
Citation de Hapaxanthe :L'automne ouvre ses portes et de ses tours sonnent les glas de la dernière heure. Hurle le vent qui lentement entremêle sa note dissonante aux cloches funèbres, la nature perd toute sa superbe, tachée de cicatrices lépreuses annonçant son suicide en ultime réponse à l'éternité et à son Verbe destructeur. Le glas sonne et peu à peu emplit l'espace, peu à peu menace l'harmonie du vent qui au Ciel crachote ses sanglots, crachote sa peine agonisante, crachote aux étoiles ses larmes de comètes comme dernier souffle. Le glas sonne et les arbres sont comme des pianistes amputés, la lèpre a pris les rênes, leurs expressions ne sont plus. Quel triste sort pour un être aussi bien merveilleux que martyr, voyez le cadavre de ce nourricier qui jamais n'aura connu ni ses enchantements, ni la vie, ni ses jouvences. Elle fut bellement autodestructrice, ses scarifications formèrent crevasses, abîmes ; et sa propre sève, son propre sang, s'en dégorgeaient et furent nés les océans et les plaines. Mais celle-ci, non contente de ses créations, les poussait aux vices, elle était devenue son propre instrument de torture, une automartyre prisonnière d'un corps meurtri par ses organes. Puis vinrent ses finales lamentations - lamentations régurgitant de tous les pores, une ode funeste s'en allant retentir contre le septième ciel, arrachant donc aux dieux quelques lambeaux de chairs à leurs animas ; s'allant cogner aux portes de l'Enfer, lui laissant au parquet quelques fragments de l'éternité démembrée ; s'allant pourfendre la lune et lui crever ses yeux inquisiteurs ; s'allant asphyxier le soleil et ses lumières ; s'allant par degrés plus haut encore que l'Empyrée ; plus loin encore que le Valhalla, s'allant s'agrémenter aux lointains constellés en vain ; retombant sur la Terre pour l'envelopper tel un linceul, tel une météore n'offrant non pas les catastrophes mais les puretés...