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Dizains (Série)

Par : Lau

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Lau

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Manel

Je me dis un dizain, ça plutôt que la sieste,
Laissant baguenauder ce vieux Mouton Rothschild
Au hasard de ma veine et tel l’Aphrodite's Child
Soufflait dans mon artère et menait à Trieste.
Et puis la fièvre vint : des vents d’extrême sud
Mêlés à la bora faisaient gonfler ma veste
Or je détournais l’œil, l’éclat mat d’un rosebud
N’avait pour mon sommeil qu’une impuissante queste.
Quand l’endormissement après quelque nonel
M’éveilla tendrement, je dis ton nom : Manel.

Posté à 15h29 le 24 août 25

Édité à 15h12 le 25 août 25 par Lau

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Lau

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Pli

Sous une étoffe transparente,
L’œil s’attarde à l’endroit bruni,
Le feu d’une flamme, béni,
S’extasie au tissu, la sente,
A contre-jour, de l’antre au pli,
Pont clair que dessinent ses jambes,
Entre lesquelles mille iambes
N’ont d’autres desseins qu’un joli
Coucher de soleil sur la lande ;
A nouveau, le rêve s'enfante.

Posté à 07h18 le 25 août 25

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Pierre Lamy

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En ce bref soliloque, un chouïa symbolique,
Il me faut évoquer la moule et le bulot.
La rime y sera riche et même apostolique.
Il ne faut surtout pas qu’il confine au brûlot.

Ce serait de ma part diablement diabolique.
J’y suivrai les conseils d’un ancien alcoolique,
Un ami de toujours, cet excellent Julot.

Du bulot, la coquille est carrément oblique.
Quand celle de la moule est presque hyperbolique.
Celui qui l’a conçue a un sacré culot.

Posté à 07h42 le 25 août 25

Édité à 06h45 le 08 sept. 25 par Pierrelamy

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Vuthy

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Le lièvre et les grenouilles

Connaissez vous le Coppée ? C’est un dizain d’alexandrins à rimes plates tel que l’employait François Coppée. J’emploie cette forme ici pour la fable.


Un lièvre en son terrier, avec art et maîtrise,
S’était forgé des liens avec la couardise,
Puis s’étant, de la peur, approché du summum,
Tâchait dorénavant d’en trouver le sérum.
« Si je veux, disait-il, recouvrer mon empire,
Il me faut dénicher pour le mieux qui fait pire. »
Des grenouilles des prés auxquelles il fit peur
Lui permirent alors de combler son bonheur,
Et le poltron fut fier d’une leçon apprise :
Quand on ne peut le haut, c’est le bas que l’on vise.

Posté à 07h47 le 25 août 25

Édité à 11h44 le 25 août 25 par Vuthy

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Assonance

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Une question destinée aux poètes que vous êtes en lisant vos quelques lignes:

Pensez-vous que pour écrire un poème universel, (qui parle à tous, et qui soit compris de tous) il faut un langage du même acabit ? (délesté de vues et de références personnelles, de plaisirs et de lubies individuelles, propres à chaque entités humaines) Et essayer de rassembler par ce qui rapproche les êtres et non ce qui les différencie ?

C'est une question comme cela, après avoir lu vos textes, qui parfois sont très spécialisés dans les vocables utilisés.

J'ouvre le débat pour ajouter quelques choses à vos jolis dizains. (j'en posterai sûrement un quand j'aurai le temps d'écrire.)

Amicalement,

Bonne journée.

Posté à 08h04 le 25 août 25

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Vuthy

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Personnellement, je reprends La Fontaine qui écrivait, selon Faguet : "sans phrases ambitieuses et sans effort de style".
C'est un peu la leçon de Boileau qui, à l'époque, lançant la poésie classique demande de la simplicité avant tout.

Après, je ne comprends pas "essayer de rassembler". Baudelaire a-t-il fait l'unanimité à ses débuts ?

Posté à 09h35 le 25 août 25

Édité à 09h36 le 25 août 25 par Vuthy

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Lau

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Pierre,

Voilà dix vers divers
Et la rime est sublime ;
Si l’espace, on supprime,
Tes mots nous sont offerts
Sur une table en verre
Au rythme un peu fifties ;
Je goûte ces smarties,
Grand cuisinier, Trouvère,
Tel un Béru sans fard
Sous les traits du bon Dard !

Vuthy,

[Coppée et puis aussi
D’autres -regarde ici-*].
Tes dons de fabuliste
Et ton vers aussi leste
Nous font aimer la peste
Car dès qu’arrive en piste
Quelque anthropomorphisme,
-Mimétisme du phasme-,
Le bâton des valeurs
S’abat sur nous. Malheurs !

*Dixains réalistes
(gRenouilles)

Assonnance,

Je dirais que tout dépend de l’intention. La singularité est, selon moi, l’essence du poème. A-t-il vocation à être universel ?
Les champs lexicaux, le vocabulaire utilisé portent et supportent l’idée.
Au plaisir, ici, de te lire.

Posté à 09h54 le 25 août 25

Édité à 09h54 le 25 août 25 par Lau

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Vuthy

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Salut Lau,
Merci pour les vers et le "r".
Je sais que dans le club, Rimbaud, particulièrement, détestait Coppée. Trop classique, comme Musset 14 fois éxécrable.
Bonne lecture que ces dizains réalistes, majoritairement en vers plats.

Posté à 11h51 le 25 août 25

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Assonance

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@Vuthy

Quand je dis essayer de rassembler, c'est d'abord se faire entendre, se faire comprendre, et se rapprocher par le langage naturel propre à tous. Une sorte de langue que tout le monde est en capacité d'utiliser et de saisir en première intention.


@Lau

Ne prend pas ce proverbe contre toi mais à chaque fois que j'entend le mot singularité, je pense à ce proverbe chinois:


"La singularité est un mérite pour qui n'en a pas d'autres."

Je suis persuadé que tu en as beaucoup d'autres que celui-ci, j'ai déjà lu des trucs de toi dans la verve compréhensible dès le premier abord, comme l'invention de la poésie, l'autre jour. C'est ce genre de poème que j'appelle universel.

Une idée simple developpée avec une éloquence naturelle, sans forcer le trait.

En vous souhaitant bon après midi,

Je vous salue.

Posté à 12h56 le 25 août 25

Édité à 12h57 le 25 août 25 par Assonance

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Vuthy

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Bonjour Assonnace,

Cette sorte de langue correspond-elle à ce que dit Boileau :

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement,
et les mots pour le dire arrivent aisément ?

Ce qui semble plus évident que facile à mettre en oeuvre.


Posté à 15h59 le 25 août 25

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Assonance

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Oui Vuthy, je pense que lorsqu'on a bien compris quelque chose et que l'on veut le dire et agrémenter une idée, cela ne doit pas paraitre abscons ou trop original dans la forme.

Le classique a de nombreuses qualités et peu de défauts ce qui fait que cela reste dans le temps. Aux poètes voulant être entendus, écoutés et compris, il ne tient qu'à eux d'éviter la grandiloquence du style pompeux et de revenir aux bases saines du dialogue entre auteur et lecteur.

"Spéron Spéroni explique très bien comment un auteur qui s'énonce clairement pour lui-même, est quelquefois obscur pour son lecteur: -C'est, dit-il, que l'auteur va de la pensée à l'expression et que le lecteur va de l'expression à la pensée."

Nicolas Chamfort

Posté à 16h30 le 25 août 25

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Lau

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J’ai bien sûr beaucoup d’admiration pour les choses dites simplement mais j’en ai tout autant pour la complexification et le vocabulaire qui l’accompagne.

Chaque mot a une charge ; une charge signifiante, une charge musicale ; il peut se suffire à lui-même mais c’est essentiellement le taf du poète de faire vibrer ces charges au sein de la valse du vers.

Considérons cette magnifique boîte à outils faite de 200 000 entrées (noms propres compris), je trouverais triste de laisser les « barbares » de côté.

Et puis en tant que lecteur, il m’est parfois agréable de me chatouiller le neurone et d’aller à la pêche au sens.

Posté à 16h38 le 25 août 25

Édité à 16h54 le 25 août 25 par Lau

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Assonance

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Tout à fait vrai Lau, pour le poids des mots.

J'avais élaboré une théorie du langage il y a quelques années avec une tri-partite mots à valeur bonne, mots à valeur neutre, mots à valeur mauvaise et m'étais fait comme code d'honneur de ne respecter l'écriture que par le prisme des mots à valeurs bonne et neutre. Cela donne des textes que je trouve allégés de bien des défauts. Peut-être est-ce un trait de la rédaction classique qui me fait agir comme cela mais je n'ai pas envie d'ajouter du malheur au monde par ma plume. Je préfère construire le bonheur au bout de la ligne.

Je vois un peu l'écriture comme une catharsis des défauts humains.

Posté à 16h51 le 25 août 25

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Pierre Lamy

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À la pointe de l'aube, une locomotive,
Fauve et roborative, éveille tous les coqs,
Les merles du roncier, la vache admirative
Et le petit poulain qui folâtre au paddock. 

Cependant, olympien sur son coin de ballast,
Un garenne égaré savoure son breakfast.

Et, lorsqu’il a fini de brouter l’épervière,
Au coin du terrain vague en lisière du bois,
Ce malotru déflore une hase aux abois
Qui promenait par là son pétillant derrière.



C'est un sonnet recyclé. J'ai testé pas mal de seconds quatrains. Mais aucun ne me satisfaisait.

Posté à 17h53 le 25 août 25

Édité à 13h52 le 09 sept. 25 par Pierrelamy

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Lau

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C'est fin mignon ; 'Tellement joli' , me suis-je surpris à dire.

Si tu permets, (juste afin d'éviter le "savourE" son breakfast), j'aurais utilisé le passé, style :
[...]
Un garenne égaré savourait son breakfast.
Et, lorsqu’il eut fini de brouter l’épervière,
Au coin du terrain vague en lisière du bois,
Ce malotru déflora la hase aux abois
Qui promenait par là son pétillant derrière.



Posté à 18h50 le 25 août 25

Édité à 18h52 le 25 août 25 par Lau

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