En prosant de la rime et rimant de la prose
le poète qui trime à tout chacun propose
de mettre son labeur au service de l'art
même s'il est plus d'un qui n'y voit que du lard
En arrimant ta moire aux mots, dans cette pose
Où rien de ce vrai feu ne tient que du hasard,
On peut mirer cet art jusqu'à la stratopause !
(J'ose surenchérir avec quelque autre fard)
Vertigineux voyage au sommet de sa gloire
Icare espérant bien toucher la stratopause
indispose les dieux qui le lui font savoir
en lui brûlant les ailes avant l'apothéose
Je sais que mes quatrains n’ont qu’un style rustique ;
J’avoue être peu fier de mon champ lexical
Et navré des fadeurs de mon art rhétorique…
Mais bon sang que c’est bon de céder au banal !
Des feuilletons d’antan, tournés en courts-métrages,
J’aimais Star Trek pour Kirk et surtout Monsieur Spock ;
Ses costumes ringards et ses décors en toc,
Ou le kitsch à croquer de ses mauvais trucages.
J'aurais aimé savoir si, sur d’autres planètes,
Dans les formes de vie animant l’univers,
La Nature (ou le Verbe) avait mis des poètes
Pour les voir se pâmer devant ces quatre vers.
Lorsque la faux viendra se rappeler à moi…
Moi, Phénix en quatrains, virtuose de rimes,
J’imagine déjà le profond désarroi
De ceux ne pouvant plus lire mes vers sublimes.
De toute la hauteur de mon immodestie
Je trouve que les gens ne m’aiment pas assez.
Comment peut-on bouder l’œuvre que j’ai bâtie
En plagiant les vers des auteurs à succès ?