J’ai lu, je ne sais où – c’est ainsi maintenant –,
Que selon une étude – à laquelle il faut croire –,
Un poète sur dix sans souci du comment
De la forme ou du fond, écrivait pour la gloire.
La vie a les aspects d’une salle d’attente ;
Elle n’est que reports, délais, instants gâchés…
Si j’avais su plus tôt qu’elle était em…ante
Je me serais offert un stock de mots fléchés.
Ayant, sans le savoir, un poussin comme frère,
Un œuf pondu tout frais mais pas frais émoulu,
Dans sa coque entendait : « Fais gaffe à la fermière !
Je crois qu’elle a sur toi jeté son dévolu. »
Depuis que j’ai l’IA, qui pour moi seul phosphore,
J’en apprends tant et tant qu’il devient évident
Lorsque je vois l’ampleur de tout ce que j’ignore,
Que je n’aurais pas dû me croire intelligent.
Que Pégase galope à ton nuage fou,
Et qu'Aphrodite nue, en des vers interlopes,
Instruise tes passions de rimes et de tropes,
Et tu verras, d'Orphée, une lyre à Corfou !
Un ami, me disait, sur le seuil du merlan :
« J’ai peur d’être coiffé comme le dix de pique. »
Hélas ! Trois fois hélas ! – c’est-à-dire un brelan –,
Et roi, reine, valet étaient dans la boutique.
Je me lève un matin, coincé sur une rime ;
J’aime le premier mot ; je le veux à tout prix,
Et m’entête à chercher son compagnon intime
Quitte à perdre le sens et finir incompris.
Je sais que je ne sais, tel disait Mathurin,
Que proser de la rime et rimer de la prose.
Un monde doit régner, Régnier, dans mon quatrain,
Entre la poésie et le peu qu’il propose.