Me distinguant parmi tous les singularistes *,
J'avance sans marcher dans les traces de pas ;
Je laisse leur doctrine aux idéologistes,
Et me veux le leader de ceux qui n’en ont pas.
La valeur n’attend point le nombre des années
Mais le temps de cuisson dans les vieilles marmites
Offre aux carnes têtues un peu de tendreté,
Sauce bien mijotée jamais ne démérite.
On dit, pour lui mentir, que l’Homme, l’âge aidant,
Un peu comme le vin va se bonifiant.
Pourtant mon coeur, mes reins, mes oignons et ma goutte
M’ont tant madérisé que je pars en déroute.
On en voit dans l’actu des acteurs, des chanteurs
Profiter de leur rang pour forcer des starlettes…
L’Art est-il donc farci de piètres violeurs ?
Peut-être, mais jamais on n’y vit de poètes.
Complices sommes-nous, avec notre œil distrait,
En témoins de ces morts et ces torrents de larmes,
Des gens du “Meurtre en grand”, comme Hugo disait,
Nouveaux Arès régnant sur l’empire des armes.
Sachez, amis lecteurs de mes œuvres lyriques,
Que si vous croyez voir, en lisant mon quatrain,
Multiplier par deux vos talents poétiques…
Ils seront quadruplés en lisant le prochain.