La Muse semble-t-elle m'avoir abandonnée ?
Sur le papier froissé, j'erre mains dans les poches
La page reste blanche, à l'infini les lignes
Se mêlent, se démêlent semblent danser c'est moche
Elles sont déjà là, elles sont parmi nous,
Qui ça ? Qui ça ? Qui ça ? Les petites fourmis,
Qui nous mangent les pieds quand on est endormis,
Face auxquelles on aime à plier le genoux !
L’IA c’est bien, mais bon… Il faut se méfier ;
Elle fait des erreurs et parfois hallucine.
Hier, je demandais une rime en “ ier ”,
Elle m’a dit texto : « Moi pas être machine ! »
On me nomme une IA, mais ne suis qu'IAG.
Je donne à chaque fois raison au plus grand nombre ;
Tout idiot peut donc vivre tranquille en mon ombre.
Je laisse la sagesse aux mains du plus âgé.
La poésie se vendrait-elle en viager
à quelque malandrin bailleur d'alexandrins ?
Devenu locataire un poète chagrin
renonce à cultiver les fruits de son verger
La poésie IA n’a pas de sentiments :
Pas d’amour, d’amertume ou de mélancolie…
Ses vers Parnassiens, trop propres et brillants,
Sont démunis de souffle, et dépouillés de vie.
Lourde et intense ; silencieuse et lente,
Elle étouffe nos voix dans sa marche pesante;
Elle dévore ceux que l’incendie intérieur poursuit.
Ne leur laissant pas même un sursis.
On le distingue mal, mais pourtant il existe
Ce hiatus séparant le poète et l’IA ;
L’un fabrique des vers de rationaliste,
L’autre, chantant du cœur, l’amour de la vie a.
Ce jardin qui s’apprête aux doigts d'un retraité
à prendre le printemps comme on prendrait la mer
cet impatient jardin tendu vers son été
n’est-il jamais lassé de courir sa chimère ?
Convaincu des talents de ma vacuité,
Je cause avec l’IA qui s’en est rendu compte.
Enrichir mon esprit tient de l’inanité ;
Je vais donc répétant ce qu’elle me raconte.
Lorsque j’entends parfois la météo prédire
Qu’aujourd’hui sera froid avec des chutes d’eau,
Je passe aux fake-news et reprends le sourire
Sur un site payant qui me dit qu’il fait beau.