Tel Mozart, les quatrains qui sortent de ma lyre
Procurent aux lecteurs un violent émoi ;
Et quand, au point final on a cessé de lire,
Le silence qui suit est encore de moi.
Il est temps de dormir car avance la nuit
Tout le monde le sait que le soleil se lève
Quand la course de Lune en silence s'achève
Et Morphée dans ses bras ne tient plus que l'ennui.
Chaque jour aux infos, j’écoute déferler
Les paroles d’un Trump qui ne sait pas se taire ;
D’autant que, dès demain, il dira le contraire
Juste pour le plaisir de s’entendre parler.
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’un début de quatrain piqué chez La Fontaine.
J’ai cru l’avoir hier, hélas ! en l’écrivant
Ma Muse m’a glissé qu’il était de Verlaine.
A grandes enjambées dans ses jupons de nuit
Elle est venue de loin en marchant sur la mer
Elle tordait au vent les nœuds de sa crinière
Etouffait nos hameaux sous ses chapes de pluie
Tu-s-as un hiatus s’il y-l-a deux voyelles
Qui-s-ont aux mots collé,-s-et-s-entrent en conflit
J’ai-s-eu-t-un cas où-s-il a-t-été dit :
« Vas-y !-s-Ô !-l-hiatus ! Si-s-ainsi tu-t-appelles. »
Je crois qu’un espion, sur le site infiltré,
A tenté de placer des quatrains d’ingérence.
Ne lisons pas les vers de ce pestiféré :
Un poète point net n’a point de compétence.
Ciel ! Ce que j’aimerais être dans mon domaine
Un rebelle, un anar, poète blouson noir
Qui vomit dans ses vers sa colère et sa haine ;
Mais j’écris seulement des blagues de comptoir.
Je n’ai pas, comme tous, attendu que ça vienne.
Moi seul écris depuis que je suis tout petit :
Un mètre dix à peine et d’une plume mienne
Pour le Père Noël je rimais dans mon lit.
Les poètes, parfois, sont comme les chasseurs :
Au milieu des mauvais, les bons se reconnaissent ;
« Leurs vers, c’est pas pareil… » disent des rimailleurs
Ces derniers pour porter les lauriers qu’ils se tressent.
La quarte, exercice où l'on "fait ses gammes",
Se doit chantournée, accessible à l'œil,
En évitant l'amphigourique écueil,
La dissonance, avec les amalgames.
Me jetant dans les vers dans mon style aérien
J’arrivais au troisième et me dis au passage :
« Jusqu'ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien,
Mais ta chute mérite un bel atterrissage. »