Laissant traîner l’oreille au comptoir du bistrot,
J’entends des voix clamer que tout est politique.
Avec mon grand nez rouge, autant clown que poivrot,
J’imagine ce tout s’il était poétique.
Santé ! (mais pas des pieds). Ha ha ! c’est drolatique ;
Attendez un moment avant de commenter.
Mais non, soyons plus clairs, si tout est politique,
Enfermons-les donc tous d’abord à la Santé.
Dans ses jupons de nuit à grandes enjambées
Elle est venue de loin en marchant sur la mer
Elle tordait au vent sa chevelure fière
Giflant des volets clos les paupières plombées
« Ce n’est pas compliqué de parler simplement ! »
Me dit un prompt abscons défendant sa culture.
« Je l’étale souvent comme la confiture
Pour exposer aux gens mon statut humblement. »
Certain renard normand, d’autres disent abscons,
Mourant presque de faim, vit dans la devanture
D’un dénommé Fauchon, un pot de confiture.
Hélas ! déjà fauché, il fila comme un c..
Mal content de mes vers comme à mon habitude,
Je voudrais avec l'oie, ou l'aigle, ou le condor,
Tracer dans les éthers des glyphes d'altitude
Grâce à ce que la plume et les ailes ont d'or.
Et parfois, en dépit de ma décrépitude,
Je regrette Heredia et ses Conquistadors ;
Mieux vaut fuir le poncif, voire la platitude,
Ou le pet quand avec les donzelles on dort.
Pour jouer au ping-pong un minimum d'étude
Est nécessaire au vers essayant son essor ;
A se vouloir orfraie en étant toujours saur,
L'obstacle existe encor, même quand on l'élude...
Le sport est épineux, mais pas d’inquiétude,
Car essorer des vers, quelquefois c’est marrant.
(Je triche honteusement). Et après ce prélude,
Je retourne peinard, déguster mes harengs.
La pêche à la sardine ou alors à l’anchois
Laisse à tout bon pêcheur le soin de son affaire.
Mais tirer des filets ou alors les défaire
Demande au preux marin de préciser son choix.
Vous fûtes mon ami jusqu'à ce qu'un jour, pouah
Vous me chiâtes dans les bottes !
Et, s'ils me sont sacrés, 'faudrait pas que les potes
Se prennent pour l'ayatollah !
Dans les molles douceurs d'un vers appesanti
Nous laisserons couler nos humeurs délétères ;
Or l'azur n'est pas là, mais pour que tu l'éthéres
Verse donc dans ton sang un bon peu de Chianti !
Tous les gens polis sont des sages de passage
Dont le respect d’autrui fait hélas attardé.
Plus c’est gros, mieux ça passe ! Alors pour le massage
Allez donc voir l’abscons qui se dit chambardé.
Parfois, je sens qu’il faut que je me désaltère ;
Mais pour changer un peu de ce vin pétillant,
En fumant de la beuh, je sniffe de l’éther :
On dira ce qu’on veut, le Chianti c’est chiant.
A quoi bon le ping-pong sans esprits volontaires ?
Dans l'art toute facilité va, le niant.
- Le voltaire profond est disqualifiant !
(Ton inversion m'eut plu, sans fausse rime en "ères")