Dizains (Série)

Par : Lau
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Pierre Lamy

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Je préfère conserver le présent, plus vif.
Je pourrais mettre "se farcit son breakfast" mais en prononçant légèrement le (e) savoure m'est plus agréable à l'oreille.
C'est sans doute différent dans le Sud.
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Oxalys

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Le chat qui pelote

L'éléphant dans un magasin de porcelaine
Qui ne connait pas la pitoyable dégaine
Du bon gros pachyderme au milieu de monceaux
De vases cassés et de vaisselle en morceaux ?
Symbole du benêt traqué par la déveine !
Rien à voir avec un 'tit minet qui pelote
Dans une mercerie la laine qu'on tricote
En toutes les couleurs pour se faire un jacquard
Quand on craint le froid il faut être débrouillard
Bien chaudement couvert, plus un chat ne grelotte !

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Lau

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Je comprends Pierre ; cette invitation à chuchoter ce "e" s'entend de façon presque inaudible...

Oxalys,

Dix vers et quel contraste ! : une brute et la grâce ;
Si laineux, cotonneux, lors que ce Misti grise,
Voilà Dumbo qui, pachyderme, offre une grosse
Patte à ce magasin... Capharnaüm ! La crise !


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Pierre Lamy

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À supposer qu’on trouve un truc
— interférométrique —
pour que pécho soit plus facile,
genre une molécule.

Je le testerais sur Céline,
un soir, au clair de lune.

Pierrot me prêterait sa plume
pour une contrerime.
Elle serait conquise
et nous ferions mumuse.


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Lau

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C'est la danse !

Pour la pluie ou la guerre ou vénérer Vishnou,
Tape, tape la terre en transe, à ta cadence,
Ameute tous les tiens « Sus au lion ! Sus au gnou ! »,
Mime le jet de lance et lève le genou ;
S’harmonise la masse vers l’Un, c’est la danse.
A deux, d’autres hasards que la peur ou la faim,
Nous ravissent les corps et ceignent l’existence,
Comme un halo de lave qui refait sans fin
Les contours irisés de notre sphère afin
De nous glisser vers l’Un, de concert, c’est la danse.
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Arielle

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Sur quelques planches qu'ont courbées*
Avant moi de grands nautoniers
Mon rien de rêves sur l'écume
Ne pèse pas plus qu'une plume
Tandis que glisse mon rafiot
Dans le sillage des oiseaux
La rive trépigne hystérique
Gavée de sinistres musiques
J'ai pris le chemin de l'exil
Et navigue le cœur tranquille


*dixain Inspiré par les PLANCHES COURBES d'YVES BONNEFOY


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Pierre Lamy

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C’était le plus nul à l’école
Et vlà-t'y pas qu’il nous bricole,
En se caressant l’ombilic,
Un mirliton rimant en lic.

C’est un poète, ma parole !

De vers en vers, de clic en clic,
En se jouant de l’hyperbole,
Les mots germent en farandole
Et font avancer le Schmilblick.
Pour gagner sa croûte il est flic.
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Tontonjacques

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Moi, j’aime bien Coppée, spécialiste du dizain. Il a écrit notamment :

J’adore la banlieue avec ses champs en friche
Et ses vieux murs lépreux, où quelque ancienne affiche
Me parle de quartiers dès longtemps démolis.
Ô vanité ! Le nom du marchand que j’y lis
Doit orner un tombeau dans le Père-Lachaise.
Je m’attarde. Il n’est rien ici qui ne me plaise,
Même les pissenlits frissonnant dans un coin.
Et puis, pour regagner les maisons déjà loin,
Dont le couchant vermeil fait flamboyer les vitres,
Je prends un chemin noir semé d’écailles d’huîtres.


Je me suis donc empressé de lui répondre, en conservant les rimes bien entendu :

Un dizain de François à réécrire, chiche !
On va bien s’amuser, j’en ris dans ma barbiche.
Or donc sur ce chemin bordé de pissenlits
Bien digne du pinceau de Salvador Dali,
J’aligne vaillamment quelques pauvres foutaises,
Peut-être espérant voir monter la mayonnaise.
Mais on m’assaille à coups d’ironiques coin-coins
On me traite de nul, d’empaffé, de pingouin ;
Car, bien trop occupé à faire ici le pitre,
Ce poème immortel, j’en ai omis le titre.
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Kerdrel

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Ma contribution :

Quelle idée d'écrire un dizain
Disait disert un médisant
A Otto Dix ajoutez un
C'est mieux il n'avait plus dix ans
Tout comme Attila et les Huns
Sur leurs chevaux robe alezan
Si je les dessine au fusain
Füssly les imagine en blanc
Les yeux hagards cauchemardant
Vous penserez qu'il est zinzin.

Illustration "Alptraum" Johann Heinrich Füssli 1790/91
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Assonance

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Un de mes premiers dizains, si ce n'est le premier.


Dans ma boîte à tout, j'ai tout ce qu'il faut pour tout,
Quelques tournevis déviçant le caractère,
Mètre pour le dit écrivant de sa manière,
Quand chatoie la bougie, souffle qui vaut pour loup.
Ajoutons cela: un marteau pour pas un clou,
La clé de toutes portes ainsi qu'un niveau,
Parfait, le bout de scotch retient divin puis haut,
D'un coupe-ongle, foi d'un pinceau au parfum doux,
Quand je dois faire un choix, j'ai, bien prête, ma scie,
Sans se paraître un fat, l'écrin aide la vie.


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Assonance

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Parmi la qualité intrinsèque au bonheur,
j'ai vu qu'un silence était éloquent, toujours,
j'ai su qu'en vivant éclair, l'air probant voue nûr,
ami d'un art inné qu'un princeps ordonne oeuvre,
La mine y raffinait un bien maître au donneur,
Ecrue, l'âme immense éveillait son temps pour tout
Elue par liance et précepte aux grands pourtours
Placide à sade idée, sa sagesse orne au coeur
La perle du coquillage exhalé du fond
Parait se luire au rivage exalté du bon.
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Lau

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De belles lectures diverses.

Mes deux rimes

Un vol de papillons arrêté dans l'extase,*
Un kaléidoscope où l’éphémère entasse
Des contes à rebours, quand le lapin, le faon,
Dans le reflet du lac, se chalent peu du taon
Qui pique, en son défaut, l’axe du verbe et mêle
La surannée image, iris, or la prunelle
De l’œil d’un souvenir flou ne voit, la couleur
S’estompe et le parfum n’anime plus la fleur ;
Au cœur, c’est le Léthé, c’est l’émotion qui gronde,
La raison, vainement, vole en stérile aronde.



* Dernier vers du poème du V. Hugo, Mes deux filles
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Pierre Lamy

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Son sex-appeal est électrique.
Elle est folle de rock.
Ouïr Elvis la rend tout’ chose.
Et Johnny l’électrise.

Bill Haley, les Stones et Queen…
emplissent son Iphone.

Moi, mon truc, c’est Rachmaninoff.
Ou Mozart. C’est le kiff !
J’aime aussi Morricone et Liszt.
On est loin du low-cost.
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Lau

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Si ma playlist est éclectique,
Je préfère un rocker pas toc :
Abusant certes de la pipe,
A voyage, c’est Iggy Pop.
Se foutant bien d’être ‘has been’
Il enflamme encor, Berlin, Bonn ;
Lors qu’il se met à hurler ‘Looooooooove’
Collant tout un parterre en live ;
Et quand viendra sa dernière heure,
Qu’il finisse en parfait slammeur.

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Généreuse

La brume allait au fleuve et l’ambre à ses cheveux
Tel un brouillard sucré sur l’ondine qui s’ouvre
Au pied de la coquille, et la lave et le soufre
Participaient aux lents mûrissements des feux.
Elle avait en son sein, de Mazda, tout un coffre
Empli de gemmes et des ors, tous aussi fous
Qu’on en fut étourdis, cois, babas, scotchés, vous
L’auriez supplié de réduire un peu son offre.
Elle, naïvement, nous tendait un satin,
Comme un cône d’argent qui pendait au sapin.
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Tontonjacques

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En hommage, encore, à François Coppée :

Le vieux bonhomme était bien connu au village :
Il aidait, dépannait, faisait du bricolage.
Il n’avait pas les pieds dans le même sabot
— Façon de s’exprimer, car il était pied-bot.
Hélas, un jour l’express de Hirson à Mézières,
Lui passant sur le corps, mit fin à sa carrière.
Et les gens de hurler, et le sang de jaillir,
Les commères du coin manquant s’évanouir.
Il n’aura plus jamais besoin de ses savates :
Il était né bancal, et mourut cul-de-jatte.