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La Bernache Cravant
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Dans l’azur frais et sec, des V interminables
Avancent réguliers, ondoyants et gracieux.
Fatiguées des efforts longs et insoutenables,
Les Bernaches Cravant descendent droit des cieux !

Je connais cet oiseau, de jolie envergure,
Plus petite qu’une oie, plus ample qu’un colvert,
Qui vient trouver refuge, et toujours inaugure
Le début de l’automne, et reste tout l’hiver.

Ce n’est pas un hasard s’il élit domicile
Dans cette mer fermée : son golfe protecteur.
Des prairies de laitues sont un festin facile
Pour qui est affamé comme un grand migrateur !

Bientôt viendra le temps de sa Toundra natale.
Oui ! Déjà l’équinoxe annonce le départ
D'une rude odyssée pouvant être fatale !
Seuls les plus endurants pourront y prendre part.

N’est-il pas malheureux de parcourir le monde,
Aller comme retour, en suivant les saisons,
D’avoir l’esprit nomade et l’âme vagabonde,
Sans pouvoir découvrir plus que ses deux maisons.

Je resterais frustré d'une vie de Bernache,
Qu'elle soit Canadienne ou qu'elle soit Cravant.
Si j'étais un oiseau, j'irais sans port d'attache
Volant ici et là, plus libre que le vent.

© Poème posté le 26/09/2024 par Klapitt

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