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Et si en marge du cultuel, nous redéfinissions la grâce et la passion...

Par : Clementcheylan

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Clementcheylan

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Il est habituel de considérer la passion comme une bonne chose, nous verrons qu’elle n’en est rien. Quant à la grâce, nous en découvrirons un aspect inhabituel mais pourtant bien réel.


Texte :
Pour bon nombre de nous, les mots grâce et passion évoquent la religion. La passion, écho de la souffrance de Jésus sur le chemin de croix et de la crucifixion, la grâce divine, don de Dieu pour le salut.
Tout en respectant les sens précités, dirigeons nous vers un sens plus laïque sans pour autant se priver d’une spiritualité.

Le passionné est celui qui subit une passion. Sa passion est plus forte que lui, il ne peut s’ empêcher de la pratiquer, sa passion domine tout, il en oublie l’essentiel, ses amis, sa famille. Le passionné de course à pied par exemple, va délaisser conjoint et enfants au bénéfice de sa passion. Il se sent obligé de se lever chaque matin pour aller courir malgré un mal aux genoux ou à une cheville, privilégiant l’entraînement à son détriment et à toute autre occupation si importante soit-elle.
L’on ne peut imaginer le nombre de couples détruits à cause d’une passion. J’avais entendu lors de la mode du Rubik’s cube que des épouses avaient demandé le divorce, argumentant d’être délaissées à cause de la pratique de leur mari.
La passion reste une souffrance. Être passionnément amoureux, c’est ne plus manger, ne plus dormir, c’est devenir un autre « qui marche au plafond ». C’est tout sauf de l’amour me direz-vous ! Toutes les passions sont des addictions, elles entraînent souvent de graves désagréments et parfois la mort.

Il en va autrement pour la grâce. L’état de grâce est une inspiration particulière dans une activité, sportive, artistique etc... On dit par exemple d’un chanteur qui vit ce qu’il fait qu’il est habité. Je ne pense pas qu’il le soit plus que vous et moi.
En fait, il devient son art, contrairement au passionné qui le subit. Le chanteur en état de grâce devient chant. Il devient ce qu’il fait, c’est-à-dire qu’il devient chant et le chant devient lui. Le chant devient lui et est au-dessus de lui. S’opère là une transcendance.
L’homme en état de grâce devient son art qui est lui et au-dessus de lui, c’est un dépassement de soi par soi, en devenant ce que l’on fait sans être comme le passionné, esclave de ce qu’il fait.
Le passionné est à la merci de sa passion, il en perd la volonté, et donc la raison, puisque la volonté avec la mémoire et l’intelligence est l’un des trois constituants de la raison.

Remarquons tout de même que l’état de grâce peut, il me semble, être à l’origine de quelques dysfonctionnements. On entre dans une autre dimension de la réalité.
Mais le génie à un coût.


Voilà.

Posté à 13h43 le 01 juil. 22

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