Rose, dans le frai matin , je grelotte
Tandis que m'observe la vieille hulotte,
L'aube légère me rejoint,
Elle, à l'horizon souple et rose,
Elle honore la rose que je suis devenue
Et m'entoure de ses bras émus.
Je sens son cœur battre dans son écrin,
Encore en bouton je découvre sa beauté,
C'est près de moi qu'elle s'est posée,
M'apportant la juste clarté.
Combien de fois sur un plateau , je fus apportée,
Pour dès le matin le touriste enjouer,
Son journal posé pour les nouvelles,
Aucun regard vers moi, aucun appel.
Et je me mourais parmi les miettes,
Les restes d'un petit déjeuner abondant,
Ceux là , je les ai trouvés récalcitrants,
Alors j'ai rejoins la nature,
Lui servant de belle fioriture,
Je servais de modèle de peinture,
J'y ajoutais belle allure.
A présent je vais libre en beauté,
J'arrange la corolle de mes pétales,
Tout autour de moi , je les étale,
Près de la ronce piquante , je parais si douce,
surtout quand la rosée de tendresse me baigne,
J'ôte de ma tige mes épines,
Car la ronce seule me défend,
Je m'adresse souvent au temps,
Qu'il me protège de son auvent,
Capricieuse je me laisse aimer,
J'en porte toute la fierté,
Fleur parmi les fleurs
Je me laisse dorloter.
Que dire de cette main de jardinier
Qui avec prouesse m'entretient,
Il renouvelle ma litière cotonneuse,
Retourne a mes pieds la terre ferreuse,
Que puis-je encore de plus espérer,
Sinon de ne pas me laisser m'abandonner,
Sur les rebords abruptes du fossé,
Où fleurisse liserons grimpants
Prenant ma tige comme support,
Abandonnant là leur joli port.
Pour donner beauté , je suis née,
Au vent mes pétales éparpillés,
Et mes étamines, si souvent pillées,
Par le papillon au fard si léger.
Je progresse et me laisse greffer,
Travail d'orfèvre de me ciseler,
De créer autre silhouette dorée
Resplendissant dans l'or du soleil,
Jamais vous ne retrouverez mon pareil,
Je suis unique et devient magique dans le regard d'un enfant,
Qui m'admire et attrape le cœur palpitant.
Parmi des papillons ivres de l'été
28022018**