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L'évasion des enfers II

II - Les portes noires

Et nous voguions de ces folles marées,

Car nous naissions d'ingrates idées,

Qu'en enfer sont bien déchirantes,

Et qu'au paradis sont enivrantes.



Nous ne sommes pas admis mes frères,

Car nous dérivions des ruisseaux clairs,

Et étions tous liés aux douloureux fers,

De n'être de mots et directions si fiers.



Leur seigneur embrasse la bassesse,

Car il est sous illusions, envieux,

Il prend sous toutes ses faiblesses,

Notre présent vainqueur des cieux,



Alors je marche écartelé et allaité,

Par ces démons qui obligent à Dieu!

Je chute et percute le sol brulé,

Rêvant à quand je briserai les cieux.



Je mettrai tous les saints en servitude,

Car je régnerai, conquérant de ma solitude.

J'ouvrirai moi-même les portes saintes,

Car j'aurai délaissé mes complaintes.



J'aurai fais couler bien trop d'encre,

Ô Béatrice! Pourquoi avoir levé l'ancre?

Vous m'aurez sur ce navire, seul, lancé,

Avec mes voiles noires sur ce mat élancé.



J'étais si perdu que Dante m'a trouvé,

Dans ce nid où j'aurai tant couvé,

Toutes ces haines qui sont envolées,

Je les vois partir au loin et s'affoler.



Oubliant mes tords et mes péchés,

Je peux quitter dieu, ses apôtres,

Ses anges et ses patenôtres,

Et entrer ici avec les possédés.



Je vous présente cette cité Dolente,

Royaume de folies et d'épouvantes,

De toutes les peurs abondantes,

De toutes les larmes éprenantes.

© Poème posté le 18/04/2011 par PatrickDeschamps

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