Photo de Salus
Poème écrit par Salus

Charnel

1
Faune ni fille ni garçon,
A ton feu de malice exquise
Que l’oréade enfuie attise,
Durcit, sous la selle, l’arçon !

Dans tes expressions inhumaines,
Rien ne bat coulpe et point de chaînes ;
Tout murmure, un souffle est soupir,
Tout s’enfle et tout se peut tapir !

A ce pur endroit de moi-même ;
Je bois ma fièvre et ma langueur ;
Et la jouissance parsème
Un plaisir dont l’enfer est sœur !

Passion, tu brûles et tu grises,
Tu pousseras, même au carmel,
Aux ergs, au vide, aux mornes bises,
Ton grand feu de foutre et de sel !

Je ne connais ni Dieu ni haine,
L’amour seul, c’est le maître-beau ;
L'attention, de sa plus belle eau,
C’est l’aune ultime à l’âme saine !

Mythologique ou d'Ezéchiel,
Le faune est meilleur que le ciel !
Ainsi, cette bête m’habite,
Qui mes fureurs toujours abrite,

Quand jamais ne fane ma faim !
Et si la fée en est aphone,
Ma flamme entière est dans sa main !
Je n’y crains pas la tombe atone.

Tous droits réservés © Poème posté le 11/10/2026 par Salus

...