La brume est au sommet telle un plafond trop gris.
Elle descend sans bruit, sans aucune vitesse.
Et moi je fais le guet, comme un sniper tapi.
C’est la fin de la nuit, le début de la messe.
Que masque la nuée dont elle est l’alibi ?
Les contours de ce val, dans leur grande paresse,
Voilent-ils une armée, direction mon abri ?
Je ne vois que le mal, honorant sa promesse.
Ainsi descend la brume, inexorablement,
Le déclin de la lune, et le soleil levant
Ne sont que métaphores de mon âme détruite.
Le voile prend mon corps, en terminant sa mue,
À l’assaut de mon être, condamnant toute fuite,
Je revois donc renaître mes amours perdues.
