Il gesticule, se retourne, essaie de s’endormir... il essaie de s'en sortir. mais il porte toujours cette chose en lui, un intru improbable, petit mouvement débattu...
il porte en lui un oiseau ! un noir oiseau mouillé, cloué de sang et de frayeurs. et ça grouille et ça murmure, ça raconte toujours la même chose. même la nuit ça ne veut pas se taire, surtout la nuit, à son vortex, au tourmenté vortex de la nuit...
ça gigote, ça essaie de se défaire. un mouvement comme un début d’enfant... et ça raconte des choses. une petite voix’crécelle, une litanie et ça dit je te mordrai ! j'en peux plus d'avoir les ailes ouvertes, tes clous me cassent les os !
je veux me rassembler, ne plus être en toi, désarticulé. je veux pouvoir lisser mes plumes, boire à portée de nuages, l'espace. je ne veux plus de ta cage où ton sang afflue, où ton sang ressac sa triste vicissitude. tes jours qui traînent, tes nuits qui pleurent. ta vie qui perd la tête. je veux le déclouement ! je te mordrai tu m'entends !
