Ou l’amante ? De la prédestination.
Pour le dernier amant qu’elle a décapité,
La mante a du remords quant à sa cruauté.
Alors, pour plus jamais ne dévorer personne
En tant que pénitence, elle se fera nonne,
Ira se confesser devant un aumônier,
Qui donne le pardon d’un Ciel peu rancunier.
Dans la boîte à péchés, la fautive cruelle
Émet sans le vouloir une odeur sexuelle.
Tout saint pieux qu’il soit, le brave confesseur
N’en est pas moins un mâle et pas moins un pécheur,
Et plein de passion trop longtemps refoulée
Se jette sur la nonne à l’effluve endiablée.
Mais l’appétit d’icelle est moins désir charnel
Qu’il n’est désir vorace et forcément mortel ;
Si bien qu’en moins de deux la vile courtisane
Engloutit son amant et crache sa soutane.
« Seigneur ! Cela doit-il toujours recommencer ?
Fais-moi rencontrer l’ange à qui me confesser ! »
Et de la sacristie, exauçant sa prière,
Apparut le bedeau sur l’ordre de Saint-Pierre.
