Quand avec mes doigts
J’enfonce les protubérances
De mon clavier
Mes doigts effleurent leurs crêtes,
Comme des collines qui frémissent
Sous la caresse d’un souffle.
Chaque pression libère une onde,
Une note sourde, un soupir numérique,
Mais jamais la chaleur d’une peau.
Comme un mariage blanc
Et non pas en blanc
Je déploie la multitude
De photos qui vont faire foi
Et lors de nos discussions
Souvent nocturnes et solitaires
On s’imagine arriver au graal
Et dans ce ballet d’ombres pixélisées,
Je poursuis le mirage sans corps,
Où le désir s’épuise sans jamais éclore.
Un orgasme de lumière,
Fragile et sans substance.
Sans odeur, ni amertume
Ni même sans sentir la chair.
Là où l’amour se vit,
À travers des draps froissés,
Des sueurs salées et des halètements,
Je reste figé devant l’écran,
Captif d’une étreinte désincarnée.
